parcours carnet de route reportages partenaires livre d'or SOMMAIRE

l'île d'Utila
23 juin au 1er juillet 2002
 

Après ces quelques jours passés à Marcala et avec les gamins des rues de Tegucigalpa, nous prévoyons de visiter les programmes de Mathieu. Dans le parc national de la Tigra, il travaille sur un projet de production florale. L'objectif est de produire plus et de meilleure qualité afin de vendre les fleurs sur le marché national. Mais malheureusement, les dates ne conviennent pas et il ne nous sera pas possible de voir ce programme.

Nous voici en chômage technique. Que faire ? Et bien nous pensons qu'il est temps de visiter le côté Caraïbe du pays. Nous lisons notre guide : " Imaginez un petit archipel des Caraïbes offrant de fabuleuses occasions de plongée, de belles plages sablonneuses, des palmiers ondulants au grès des vents, une luxuriante végétation de montagne, un vaste choix d'hôtels et de restaurants, et le tout, miracle, à des prix modérés ! " En route pour les Islas de la Bahia !

En fait, nous avons le choix entre trois îles (les côtes nord du Honduras ne présentent pas de belles plages) : l'Ile de Roatan, celle de Guanaja et celle d'Utila. Guanaja possède essentiellement des complexes haut de gamme. On oublie. Roatan est la plus grande des îles. Tout type d'hébergement est possible mais y aller coûte plus cher que Utila.
C'est donc à Utila que nous irons, une île qui attire une clientèle jeune, moins fortunée. Les touristes y viennent nombreux pour passer leurs niveaux de plongée sous-marine car c'est l'endroit le moins cher du monde.

Pour nous accompagner, Guylène, la volontaire rencontrée au Népal et qui nous a rejoint pour un mois, Marie, volontaire Afvp à Marcala, Charlotte qui s'occupe des enfants des rues et en fin de mission, puis Jaime, son copain.

Nous partons en bus pour la Ceiba, cette ville du front de mer qui fut totalement détruite lors des ouragans tel Fifi en 1974 ou Mitch en 1998.
Sur le bateau, ça tangue un peu. Les enfants à côté de nous sont malades. Mais déjà, nous voyons au loin se profiler l'île où nous passerons une semaine de farniente.

Arrivés sur place, Charlotte reconnaît tout de suite un de ses amis honduriens. Il a quitté Tegucigalpa pour venir travailler sur cette île. Eh oui, le tourisme sur les îles apporte plus d'argent que sur l'ensemble du territoire terrestre, alors il a fait son choix !!!
Il nous propose un bon plan : une vieille maison de bois peut tous nous abriter pour une somme toute petite. On bénéficie ainsi d'une cuisine et d'une salle de bains. Le pied !

Auray et moi comptons nos sous. Oui, on va pouvoir faire cette initiation à la plongée. Il serait dommage de s'en priver car ici, se trouve une série de récifs de corail qui s'étendent jusqu'au Belize et qui forme la deuxième plus longue structure du genre au monde. De ce corail vivent une multitude de poissons colorés, mais aussi des tortues de mer, et la plus grande variété de requin du monde : le requin-baleine qui atteint environ 15 mètres à l'age adulte !

Les prix sont fixés par un comité de l'île. Il semble donc impossible de marchander. Par contre, nous nous souvenons des conseils de Pénélope et Emeline, deux dive-master que nous avions rencontrés au Guatemala. " Regardez l'état du matériel, des bouteilles de plongée, des bateaux, du soin qu'ils y apportent. Cela vous donnera une idée de la qualité et de la sécurité. " Alors rapidement nous écartons le premier centre et nous dirigeons vers un autre qui semble plus sérieux. Nous demandons des cours en espagnol, mais il n'y en pas tout de suite. Si nous décidons de commencer demain ce sera en anglais. OK ! Un autrichien, un peu junky, lui, accepte les cours du premier centre…

Pendant que les filles se dorent au soleil, nous retournons à l'école tous les matins. Dans la salle, Dom. le prof anglais de 27 ans, un autre français, un couple anglais et deux jeunes filles anglaises aussi. Comme l'autre français n'est pas très à l'aise en anglais, on nous passe une K7 en français. Quel luxe !
Au début les cours sont théoriques, puis nous partons en mer faire nos premières plongées à quelques centimètres de profondeur (prudence, hé hé ), puis 8 et 15 mètres.

Nous rejoignons les filles dans le courant de l'après-midi, puis pour l'apéro et le dîner. Bien entendu, nous sortons ensuite et faisons connaissance avec la faune du monde entier : israéliens, suédois, belges, anglais, américains, etc.
Le vendredi soir a lieu une soirée plus importante que les autres dans un bar qui n'ouvre que le week-end. En allant aux toilettes, je vois une énorme tarentule velue qui passe sous la porte. Avec des gestes très lents, elle se rapproche des mes pieds en tongs…Je la fais fuir comme je peux et je préviens un hondurien qui désire prendre ma place. " Ah oui. Il y en a beaucoup ici. Il faut juste éviter de se faire mordre. Attention aux serpents aussi. Il y en a souvent sur la route du retour. Il y a eu un mort il y a deux ans. "

Nous découvrons des fonds sous-marins magnifiques. On verra des énormes raies, des rascasses, pas de requin, une tortue des mers de plus de 1 mètre d'envergure et des couleurs incroyables de coraux et de poissons tropicaux. Hallucinant. On aime et on redemande. Nous avons eu nos cours sur 4 jours. L'autrichien lui, regrette son choix. Ses cours sont souvent annulés, le matériel défaillant et il lui faudra deux jours de plus pour avoir son diplôme après avoir beaucoup bossé par lui-même.

L'esprit de l'île est totalement différent du reste du pays. Ici de nombreuses familles noires, provenant de familles d'esclaves évadés des îles Caïmans et d'autres régions des Antilles, vivent dans des cabanes en bois. Ici on ne parle pas espagnol, mais anglais (un anglais assez douteux d'ailleurs). Le système scolaire a obligé les familles à parler les deux langues. Alors les mots et les langues se confondent avec un drôle d'accent des îles. La musique, mise bien fort le soir, a des rythmes antillais mélangés à des sonorités cubaines. C'est sympa et ça bouge bien. Ici tous les soirs, les habitants se réunissent dans les jardins pour des grillades de poisson ou de viande et pour danser. Les touristes y sont parfois invités.
Un jour, après notre cours du matin, on s'arrête déjeuner sur la terrasse d'un petit buis-buis. Alors que le temps est au beau fixe, on entend le bruit d'un déchirement proche. A 50 mètres de nous, une maison sur pilotis s'est effondrée. Un pied de bois s'est cassé et la maison s'est penchée ne tenant plus que par 3 poteaux de bois. Le vent ne faisait pas plus de 20 km/h. On n'ose imaginer le carnage lorsque Mitch poussait ses vents à 360 km/h.

Après une semaine de farniente, il est temps de rentrer, reprendre le bateau. Nous avons eu un temps superbe, et sommes bien heureux de notre expérience.

Notre tour du monde nous permet de voir sur terre des endroits magnifiques. Nous n'avions pas imaginé tant de beauté aussi sous l'eau, une telle diversité de poissons, de coraux, tant de couleurs.




  Cliquez sur l'image pour visualisez la vidéo
 
Cliquez sur les images pour les voir en plus gros
   
 
  PRECEDENT   CARNET DE ROUTE   SUIVANT  

 
ACCUEIL - SOMMAIRE