Nous
faisons connaissance avec l'équipe de l'Association Française
des Volontaires du Progrès. Chacun travaille dans une association locale.
Claire travaille à Marcala à l'ACJ (Asociacion Cristiana de Jovenes),
une branche des YMCA. Elle anime un groupe de jeunes. Elle participe parfois
à des formations agricoles dans les villages aux alentours.
Marie est aussi à Marcala. Elle travaille au sein de l'INADES, l'Institut
national de l'environnement et de développement, afin de faire du développement
agricole.
Mathieu, lui, travaille dans un parc national, la Tigra. Il donne des conseils
pour la production de fleurs.
Ludovic est à l'ambassade de France, aux services culturels. Il organise
des expositions, des concerts, etc.
A cette équipe est venue se greffer Charlotte. Elle n'est pas membre
de l'AFVP, mais est volontaire dans une toute petite association locale "
Casa Asti " qui s'occupe des enfants des rues à Tegucigalpa.
Tout
ce monde habite dans une maison louée par l'AFVP. On se met vite d'accord
pour aller voir les programmes à Marcala. C'est à quelques heures
de bus, vers la frontière du Salvador. Marie et Claire partent tout d'abord.
Nous restons un peu à Tegucigalpa parce qu'une amie Guylène vient
nous voir durant un mois. On avait rencontré Guylène lors de notre
dernière semaine à Katmandou au Népal. Elle était
coopérante pour Planète Enfants.
Bonne nouvelle : elle arrive presque à l'heure et c'est un peu l'arrivée
du papa Noël. Elle nous amène une caméra numérique
prêtée par Yann, un ami français. Auray est aux anges. Il
va enfin pouvoir se remettre à filmer, car notre caméra était
tombée en panne au Mexique. Mais en plus, elle nous amène du Ricard,
du saucisson, du camembert, de la tapenade, du foie gras…On a de la chance
car une religieuse qui était dans le même avion s'est vue confisquer
son camembert à son arrivée à l'aéroport…
Ah ces volontaires qui ont passé du temps à l'étranger
savent ce qui manque quand on est loin de chez soi !
On partage avec les volontaires ces denrées rares et pour couronner le
tout, Mathieu achète un petit vin chilien. Sa maman, qui lui rend visite
avec sa fille, cuisine un petit poulet au four avec pommes de terre. Si c'est
pas le luxe tout ça !
Après
quelques jours à Tegucigalpa, nous partons rejoindre Claire et Marie.
Marcala, c'est un petit village. C'est un peu le havre de paix. Quitter la capitale
Tegus (surnom donné à Tegucigalpa) pour aller à Marcala,
c'est un peu aller à sa maison de campagne. Charlotte, qui finit sa mission
avec les enfants de rues, décide de nous rejoindre le lendemain.
Nous arrivons le soir et Marie est sur le pas de la porte. Elle
nous attend. Sa mission au sein de l'association locale est compromise. L'Ong
n'a tout simplement plus de sous pour l'envoyer dans les villages. Alors elle
a profité de sa journée pour cuisiner. Elle a fait avec Claire
du pain et un gâteau à la banane. On aime bien l'accueil !
Le lendemain matin, nous retrouvons Marie déprimée.
Elle avait prévenu son Ong de notre venue depuis quelques jours. Elle
y est retournée le matin mais il semblerait que cela ce soit mal passé.
Deux honduriennes qui travaillent dans l'Ong n'ont, à priori, pas été
très sympas et n'ont pas de temps à donner pour communiquer sur
leurs actions.
Bon ce n'est pas très grave. On ira voir les programmes de Claire…
Claire et Guylène font plus ample connaissance et se rendent compte qu'elles
ont fait la même formation humanitaire à Bordeaux. Elles s'étaient
même échangé des mails pour se renseigner sur les Ong au
Népal. Le monde humanitaire est petit.
Nous
traversons le village à pied pour aller voir le centre où travaille
Claire. Sur la route, beaucoup de villageois saluent Claire. Ca fait un an qu'elle
est à Marcala et tout le monde semble la connaître et l'apprécier.
En haut d'une ruelle se trouve le centre de l'ACJ. Dans une salle principale,
il y a une trentaine d'enfants et de jeunes adolescents. Ils préparent
des affiches sur le thème de la violence domestique. Claire nous introduit
et nous nous présentons. Nous expliquons pourquoi nous faisons ce tour
du monde et leur demandons s'ils sont d'accord si nous prenons des photos, des
vidéos et s'ils veulent bien répondre à nos questions.
Pas de soucis ! Ils sont même curieux et viennent eux-même vers
nous en nous posant des questions.
Claire mène bien son affaire et se fait respecter. Elle fait le tour
des tables où les enfants préparent leurs affiches, leur donne
des conseils et les aide. Durant ce temps Auray filme et je prends quelques
photos.
Puis nous visitons la salle informatique où une dizaine d'ordinateurs
en réseau servent à des formations. En fin de journée les
enfants mettent de la musique et commencent à danser.
En
rentrant, on fait un petit détour. On monte une petite colline qui surplombe
le village. De là bas on pourra peut être faire quelques images
d'ensemble. On passe par un petit cimetière fleuri. Non satisfaits de
notre trop courte ballade, on redescend la colline et attaquons celle d'en face.
Des gamins intrigués nous suivent. En bas des ouvriers sur Caterpillar
refont la route. Elle doit faire partie des routes détruites après
le cyclone Mitch, il y a 4 ans. Mais un orage s'annonce et il est temps de rentrer.
Alors on speed un peu et on arrive juste quand la pluie devient méchante.
Charlotte
est arrivée et chacun essaye un cigare hondurien énorme que j'ai
acheté sur le marché local à 10 centimes d'Euros (c'est
une gymnastique d'esprit pour nous. On a quitté la France avant l'arrivée
de l'Euro et on n'en a pas encore vu.). On boit un alcool macéré
dans du bois et qui a tourné durant une journée au soleil. Mum…
Le
lendemain après-midi on part pour 2 jours avec Marie et Eric, son copain
hondurien, pour une formation dans un petit village à 2 heures de route.
Le vent se lève et la pluie est encore au rendez-vous. Un pick-up y part
justement. Chacun participe et tient la bâche. Du coup on ne voit pas
trop la route. On admirera au retour.
Ca y est ! On est au village. On caille ! Oh on est un peu monté
en altitude. C'est pas énorme mais un vent glacé s'est levé.
Je me réchauffe avec un autre cigare. L'attente est un peu longue car
on ne sait pas dans quelle salle se fera la formation et les agriculteurs ont
deux heures de retard. Alors on se ballade un peu en attendant.
Eric leur fait une formation sur le composte. Il explique comment le préparer
et les bénéfices qu'ils pourraient en tirer. Les agriculteurs
sont sceptiques. Certains cependant vont essayer.
On dîne à la lampe de poche puis on va se coucher sur les bancs
de la salle principale. On dort habillés car caille caille.
Au
réveil, nous nous retrouvons dans les nuages. Petit à petit le
soleil se lève et une drôle de vision se présente à
nous. Sur la route du retour nous voyons à l'horizon la vallée
ensoleillée, mais nous, nous restons sous les nuages.
Bientôt c'est le retour à Tegus. Il faut y être
le mardi car nous voulons jouer au foot avec les enfants des rues dont s'occupe
Charlotte.