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Le village de Marcala
17 au 19 Juin 2002
 

Nous faisons connaissance avec l'équipe de l'Association Française des Volontaires du Progrès. Chacun travaille dans une association locale.
Claire travaille à Marcala à l'ACJ (Asociacion Cristiana de Jovenes), une branche des YMCA. Elle anime un groupe de jeunes. Elle participe parfois à des formations agricoles dans les villages aux alentours.
Marie est aussi à Marcala. Elle travaille au sein de l'INADES, l'Institut national de l'environnement et de développement, afin de faire du développement agricole.
Mathieu, lui, travaille dans un parc national, la Tigra. Il donne des conseils pour la production de fleurs.
Ludovic est à l'ambassade de France, aux services culturels. Il organise des expositions, des concerts, etc.
A cette équipe est venue se greffer Charlotte. Elle n'est pas membre de l'AFVP, mais est volontaire dans une toute petite association locale " Casa Asti " qui s'occupe des enfants des rues à Tegucigalpa.

Tout ce monde habite dans une maison louée par l'AFVP. On se met vite d'accord pour aller voir les programmes à Marcala. C'est à quelques heures de bus, vers la frontière du Salvador. Marie et Claire partent tout d'abord. Nous restons un peu à Tegucigalpa parce qu'une amie Guylène vient nous voir durant un mois. On avait rencontré Guylène lors de notre dernière semaine à Katmandou au Népal. Elle était coopérante pour Planète Enfants.
Bonne nouvelle : elle arrive presque à l'heure et c'est un peu l'arrivée du papa Noël. Elle nous amène une caméra numérique prêtée par Yann, un ami français. Auray est aux anges. Il va enfin pouvoir se remettre à filmer, car notre caméra était tombée en panne au Mexique. Mais en plus, elle nous amène du Ricard, du saucisson, du camembert, de la tapenade, du foie gras…On a de la chance car une religieuse qui était dans le même avion s'est vue confisquer son camembert à son arrivée à l'aéroport…
Ah ces volontaires qui ont passé du temps à l'étranger savent ce qui manque quand on est loin de chez soi !
On partage avec les volontaires ces denrées rares et pour couronner le tout, Mathieu achète un petit vin chilien. Sa maman, qui lui rend visite avec sa fille, cuisine un petit poulet au four avec pommes de terre. Si c'est pas le luxe tout ça !

Après quelques jours à Tegucigalpa, nous partons rejoindre Claire et Marie. Marcala, c'est un petit village. C'est un peu le havre de paix. Quitter la capitale Tegus (surnom donné à Tegucigalpa) pour aller à Marcala, c'est un peu aller à sa maison de campagne. Charlotte, qui finit sa mission avec les enfants de rues, décide de nous rejoindre le lendemain.

Nous arrivons le soir et Marie est sur le pas de la porte. Elle nous attend. Sa mission au sein de l'association locale est compromise. L'Ong n'a tout simplement plus de sous pour l'envoyer dans les villages. Alors elle a profité de sa journée pour cuisiner. Elle a fait avec Claire du pain et un gâteau à la banane. On aime bien l'accueil !

Le lendemain matin, nous retrouvons Marie déprimée. Elle avait prévenu son Ong de notre venue depuis quelques jours. Elle y est retournée le matin mais il semblerait que cela ce soit mal passé. Deux honduriennes qui travaillent dans l'Ong n'ont, à priori, pas été très sympas et n'ont pas de temps à donner pour communiquer sur leurs actions.
Bon ce n'est pas très grave. On ira voir les programmes de Claire…
Claire et Guylène font plus ample connaissance et se rendent compte qu'elles ont fait la même formation humanitaire à Bordeaux. Elles s'étaient même échangé des mails pour se renseigner sur les Ong au Népal. Le monde humanitaire est petit.

Nous traversons le village à pied pour aller voir le centre où travaille Claire. Sur la route, beaucoup de villageois saluent Claire. Ca fait un an qu'elle est à Marcala et tout le monde semble la connaître et l'apprécier. En haut d'une ruelle se trouve le centre de l'ACJ. Dans une salle principale, il y a une trentaine d'enfants et de jeunes adolescents. Ils préparent des affiches sur le thème de la violence domestique. Claire nous introduit et nous nous présentons. Nous expliquons pourquoi nous faisons ce tour du monde et leur demandons s'ils sont d'accord si nous prenons des photos, des vidéos et s'ils veulent bien répondre à nos questions. Pas de soucis ! Ils sont même curieux et viennent eux-même vers nous en nous posant des questions.
Claire mène bien son affaire et se fait respecter. Elle fait le tour des tables où les enfants préparent leurs affiches, leur donne des conseils et les aide. Durant ce temps Auray filme et je prends quelques photos.
Puis nous visitons la salle informatique où une dizaine d'ordinateurs en réseau servent à des formations. En fin de journée les enfants mettent de la musique et commencent à danser.

En rentrant, on fait un petit détour. On monte une petite colline qui surplombe le village. De là bas on pourra peut être faire quelques images d'ensemble. On passe par un petit cimetière fleuri. Non satisfaits de notre trop courte ballade, on redescend la colline et attaquons celle d'en face. Des gamins intrigués nous suivent. En bas des ouvriers sur Caterpillar refont la route. Elle doit faire partie des routes détruites après le cyclone Mitch, il y a 4 ans. Mais un orage s'annonce et il est temps de rentrer. Alors on speed un peu et on arrive juste quand la pluie devient méchante.
Charlotte est arrivée et chacun essaye un cigare hondurien énorme que j'ai acheté sur le marché local à 10 centimes d'Euros (c'est une gymnastique d'esprit pour nous. On a quitté la France avant l'arrivée de l'Euro et on n'en a pas encore vu.). On boit un alcool macéré dans du bois et qui a tourné durant une journée au soleil. Mum…

Le lendemain après-midi on part pour 2 jours avec Marie et Eric, son copain hondurien, pour une formation dans un petit village à 2 heures de route. Le vent se lève et la pluie est encore au rendez-vous. Un pick-up y part justement. Chacun participe et tient la bâche. Du coup on ne voit pas trop la route. On admirera au retour.

Ca y est ! On est au village. On caille ! Oh on est un peu monté en altitude. C'est pas énorme mais un vent glacé s'est levé. Je me réchauffe avec un autre cigare. L'attente est un peu longue car on ne sait pas dans quelle salle se fera la formation et les agriculteurs ont deux heures de retard. Alors on se ballade un peu en attendant.
Eric leur fait une formation sur le composte. Il explique comment le préparer et les bénéfices qu'ils pourraient en tirer. Les agriculteurs sont sceptiques. Certains cependant vont essayer.
On dîne à la lampe de poche puis on va se coucher sur les bancs de la salle principale. On dort habillés car caille caille.

Au réveil, nous nous retrouvons dans les nuages. Petit à petit le soleil se lève et une drôle de vision se présente à nous. Sur la route du retour nous voyons à l'horizon la vallée ensoleillée, mais nous, nous restons sous les nuages.

Bientôt c'est le retour à Tegus. Il faut y être le mardi car nous voulons jouer au foot avec les enfants des rues dont s'occupe Charlotte.



 
 
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