Après
une nuit tranquille dans le bus, nous voilà arrivés à Guatemala
la Ciudad. Nous ne pouvons pas vous dire grand chose sur cette capitale, qui
semble immense (2 500 000 habitants) située à 1 500 mètres
d'altitude. Juste le temps de récupérer nos gros sacs dans la
soute et nous repartons pour la place centrale pour choper un Chiken bus, comme
on appelle ici ces vieux tacots bariolés de figures et de couleurs très
vives où les locaux s'entassent avec leurs marchandises de légumes,
de vêtements, voire de poulets et autres volailles.
Nous
avons de la chance, il est tôt et le bus n'est pas plein. Au bout d'une
heure, nous arrivons à Antigua. Par la fenêtre du tacot, nous découvrons
une ville à taille humaine, des maisons basses, des rues aux pavés
maladroitement ajustés. Nous apercevons de jolies bâtisses coloniales
et autour de cette ville aux airs endormis la chaîne majestueuse des anciens
volcans pour la plupart éteints.
Juste
avant de partir pour Antigua, nous nous étions connectés sur Internet
pour avoir l'adresse de la guesthouse où sont allés loger Christina
et Samantha et nos amis français. Nous avions promis de nous installer
dans le même établissement que nos amies espagnoles, dans la mesure
de nos possibilités financières, bien sûr. L'hôtel
semble bien entretenu et la chambre est convenable avec douche et sanitaire
privés. Nos amies ne sont pas là mais nous les retrouvons heureusement
quelques heures plus tard. Nous décidons de découvrir de plus
près cette ville.
Cela
nous permet de flâner autour de son parque centrale, charmant avec sa
place entourée d'arbres, sa fontaine représentant une sirène
sculptée au XVIIIème siècle, devenue avec le temps le symbole
de la ville, sa cathédrale de style baroque, restaurée à
plusieurs reprises. Nous prenons le temps de découvrir cette place. Nous
nous sentons tellement bien que nous décidons de prendre le déjeuner.
C'est vrai aussi que la fine pluie nous y a incité !!
L'après-midi
est encore consacré à la visite de la ville. Le marché
nous offre un spectacle haut en couleur de paysans habillés de leurs
vêtements traditionnels, riches en nuances de rouge, venus vendre leur
récolte du jour de légumes, haricots, tomates, choux et bien d'autres.
Nous poursuivons par les églises, celle de la Merced avec sa très
belle façade, l'une des plus vieilles de la ville, l'église San
Francisco, l'une des mieux conservée de la ville, avec sa façade
aux colonnes salmoniques caractéristiques du baroque espagnol et nous
profiterons du coucher de soleil sur une petite place où se trouvent
les ruines d'un couvent construit en 1734, le couvent Santa Clara.
Nous
profitons également d'être à côté de la guesthouse
des Français pour leur rendre une petite visite. Ils sont bien là.
Ils nous annoncent qu'ils vont demain faire le petit trek d'une journée
sur le volcan Agua. Nous pensons également le faire pour étayer
le carnet de route. Nous leur proposons de prendre l'apéro tous ensemble
et de poursuivre par le dîner. Franck nous donne rendez-vous dans un bar
sympa avec happy hour à 21 heures. Cela nous convient bien. Il est 19
heures. Cela nous laisse le temps d'aller sur Internet pour mettre en ligne
un carnet de route.
Malheureusement,
la soirée ne va pas se dérouler comme prévue. La connexion
étant très lente, nous avons presque mis 3 heures pour mettre
en ligne l'ensemble du carnet : texte, photos et vidéo. Les Espagnoles,
voyant que cela prenait du temps sont allées dîner. Nous arrivons
avec 1 heure de retard au bar et un sandwich mangé en coup de vent dans
l'estomac. En arrivant au café, personne.
Nous
décidons finalement de rester les attendre en cas où ils viendraient.
Au bout d'une demi-heure, Samantha et Christina nous rejoignent. L'ambiance
commence à monter avec l'arrivée de nombreux touristes et les
quelques bières locales et nous terminons la soirée à apprendre
aux Espagnoles le jeu des fléchettes.
Le lendemain, nous décidons de faire le trek sur le volcan
Agua. Ou plutôt je vais le faire seul avec nos amis du voyage. JC, qui
n'est pas très tenté par cette petite escapade, reste à
la guesthouse pour travailler sur la version anglaise du carnet de route de
Thaïlande.
Le
départ a lieu à midi. Christina et Samantha m'ont prévu
2 sandwichs pour le déjeuner. Elles sont bien ces Espagnoles !! En arrivant
à l'agence de voyage où nous avons rendez-vous pour le départ,
nos amis français patientent tranquillement. On s'explique gentiment
sur ce qui s'est passé la veille. Mais rien de grave. Ne nous voyant
pas arriver, ils sont partis manger et ne pensaient pas que nous serions là.
Pendant qu'on discute, je m'étonne un peu en voyant arriver
les touristes avec des Kway, des polaires. Ce n'est tout de même pas l'Everest
qu'on va escalader !! Le volcan Agua culmine à quelques 2 400 mètres.
Ce n'est pas très haut mais on me dit qu'il pleut souvent. Tant pis,
je ne peux rien faire car je n'ai aucun vêtement chaud. Pendant 9 mois
en Asie, les températures avoisinaient en moyenne les 30°C. On se
promenait en tongues et en T-Shirt 24h/24 (je sais ça doit être
rageant pour vous, chères lectrices et chers lecteurs !!)
Nous
voilà partis pour une petite heure de bus pour rejoindre le point de
départ du trek, au pied du volcan. Quelques locaux essayent de nous vendre
quelques boissons et autres bouteilles d'eau minérales. Nous sommes une
bonne vingtaine à entamer l'ascension de ce mont. Nous démarrons
tranquillement découvrant peu à peu cette masse de terre noire
(couleur apportée par les cendres) mélangée à des
oasis d'herbes et buissons aux couleurs vertes, apportant un semblant de vie
dans ce paysage lunaire. Des chevaux broutent dans leur coin sans faire attention
à nous. Le trek dure environ 3 heures. Pendant les 2 premières
heures, nous ne rencontrons aucune difficulté sérieuse. Sans caméra,
je prends donc le temps de shooter quelques photos avec l'appareil numérique
avec lequel je commence à me familiariser.
Il
est 15h00. Commence alors la seule vraie difficulté du parcours. Une
montée d'une heure sur une pente de 20%, dans de la cendre noire. C'est
comme grimper la dune du Pilat, dans du sable. Ce n'est pas évident non
plus de marcher en file indienne. Mais nous arrivons finalement la haut. Malheureusement,
le temps n'est pas avec nous. Les nuages nous empêchent de contempler
le spectacle magnifique que peut présenter le cratère d'un volcan
encore en activité. Notre guide nous propose de toucher la terre. C'est
incroyable !! Juste en creusant quelques centimètres, nous sentons la
chaleur dégagée par le volcan. En creusant un peu plus, on pourrait
presque y faire cuire un uf.
Mais
il n'y pas que les nuages qui nous empêchent de voir le fond du cratère.
Les nuages de soufre sortant des fissures du volcan ne nous permettent pas d'attendre
une éclaircie. L'air devient suffocant. Nous devons descendre. Car la
nuit commence à tomber. Et c'est peut être là, le moment
le plus sympa de la journée. On se croirait sur une piste de ski.
Chacun
a sa technique de descente : en glissage, sur les talons, certains claquent
des figures comme en snowboard, d'autres s'accrochent avec prudence les uns
aux autres, d'autres en chenilles. Spectacle très amusant. Nous arrivons
sur une sorte de plateau où il nous est possible d'assister au coucher
du soleil magnifique. Nous restons là une bonne demi-heure devant ce
show naturel. Maintenant il fait nuit, nous avons bien 2 heures à marcher
dans le noir. Seul 3 ou 4 personnes ont pensé à prendre des torches
!! Sur le chemin, au loin, à quelques kilomètres à vol
d'oiseau, nous pouvons contempler les coulée de lave provenant du volcan
Pacaya. La journée se termine en apothéose !!
Il est 23 heures, nous retrouvons JC à la guesthouse. Il
n'a pas vu le temps passer non plus, plongé dans la traduction anglaise.
Nullement fatigués, nous décidons d'aller prendre un verre dans
un bar proposant encore à cette heure tardive des snacks et la retransmission
de la coupe du Monde !! Et oui, on ne perd pas le Nord !! Franck nous donne
même rendez-vous demain dans ce même bar pour regarder le match
France-Uruguay à 5 heures du mat !! Aucun problème !!