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Guaquitepec, Chiapas
26 mai au 28 mai 2002
 

Nous passons les jours suivants dans le village de Guaquitepec, avec les membres de l'ONG espagnole Ayuda en Accion.

Nous visitons ainsi ce village aux habitants de couleurs. Ici il n'y a aucun touriste. En effet le village n'est indiqué dans aucun guide de voyage. De plus la route pour y arriver se finit les 2 dernières heures en une piste pas toujours facilement praticable, et enfin aucun panneau n'indique ce village d'environ 1000 habitants. Tous les habitants sont des communautés indigènes du chiapas.

Alors même les responsables d'Ayuda en Accion qui viennent des régions du nord du Mexique sont traités comme des étrangers. Ils ne viennent en effet pas souvent ici car leur rôle est le financement des projets, et un peu d'audit. Auray qui passe partout pour un local avec son teint asiatique bronzé n'est pas apparenté à un indigène. Moi encore moins avec mes cheveux châtains clairs.

La population du Chiapas se méfie des étrangers…que viennent-ils faire ici ? Que veulent-ils ? On va apprendre à connaître leur histoire et les raisons de leur méfiance. Nous retrouverons même un matin les rétroviseurs de 2 voitures arrachés durant la nuit. Marco-Antonio m'expliquera que, à la suite des soulèvements des indigènes zapatistes du Chiapas envers le gouvernement qui les ignorait dans sa politique, certains blancs sont venus au Chiapas, envoyés par le gouvernement pour surveiller cette région.
Donc il faut gagner la confiance de ces gens dont la langue maternelle est le tzotzil et non l'espagnol.
Nous déambulons dans les rues et j'en profite pour faire discrètement des photos. Avec mon appareil numérique inclinable, ils ne se rendent pas compte que je les prends en photos et sont simplement étonnés de voir 4 ou 5 personnes se promenant dans les rues dont un qui s'arrête régulièrement.
Rapidement nous nous faisons amis avec certains élèves et professeurs d'ici. Etre dans la rue nous aide à nous intégrer. Le matin, nous allons jouer au basket sur la place centrale avec quelques élèves mordus de ce jeu. Cela semble d'ailleurs le jeu le plus répandu dans les communautés du Chiapas. Les jours suivants, nous serons les spectateurs de matchs entre plusieurs villages avoisinants.

Un jour je m'aventure seul dans une ruelle qui descend vers une petite rivière. En chemin, je voie au loin une femme et un enfant venir dans ma direction. Puis d'un coup ils disparaissent. Je continue mon chemin, intrigué. Où sont-ils passés ?
En passant à l'endroit où ils avaient disparus, je regarde dans la forêt : A 5 mètres de là, la femme et l'enfant sont cachés derrière un arbre. Ils se sont simplement rués dans la forêt en me voyant…


Ne voulant pas effrayer plus de personnes, je laisse la femme et l'enfant rentrer chez eux, faisant semblant de ne pas les avoir vus. Je rebrousse chemin après 10 bonnes minutes d'attente. Sur la route du retour, une femme sort de chez elle et se met sur le pas de la porte, une serpette à la main… Derrière elle, j'entends des chuchotements. Il y a au moins 10 personnes, femmes et enfants qui attendent ma réaction.

Je crois que si j'avais hurlé, ils seraient tous partis en courant. En passant, je ne réagis pas et lui dis un " Buenos Dias " avec un grand sourire. Elle me regarde étonnée, la serpette toujours à la main mais moins menaçante, et me répond timidement.

Bon l'idéal est de se promener en groupe pour ne pas faire peur. C'est ce que nous faisons les jours suivants. Nous interviewons le directeur de l'école Zapata, nous visitons les programmes. Nous nous entendons bien avec Juan Antonio, directeur de l'ONG, avec son épouse et leur petit Juan Pablo. Théresa nous montre le programme lié à la malnutrition. Tous les enfants sont pesés et mesurés dans chaque village aux alentours. Une courbe est dessinée sur une feuille et on voit ainsi leur évolution. Toutes les feuilles que nous voyons présentent les preuves d'une malnutrition légère. Il faut donc expliquer aux mamans comment varier l'alimentation des enfants en insistant sur les denrées manquantes pour les enfants.
Mais de plus, l'ONG offre des graines de différents aliments et explique comment faire pousser carottes, pommes de terre, radis, salades, haricots, etc.




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