Il
est 4 heures du matin. Cette fois-ci nous sommes arrivés bien tôt
à destination. La gare de bus est quasi déserte. Nous sommes seulement
cinq touristes à descendre ici. Les deux autres partent rapidement dans
une direction. Peut être sont-ils attendus ? Par contre, pour nous, c’est
un peu l’inconnu. Venir dans cette petite ville coloniale de Parati n’était
pas prévu dans notre programme. Ce sont Anne-Sophie et Vincent Fauvet,
de Sao Paulo, qui nous ont conseillé d’y passer quelques jours.
Mais pour l’instant nous ne pouvons apprécier le cadre dans cette
nuit tranquille. Le plus surprenant à cette heure matinale est de voir
quelques locaux se promenaient dans la rue, à pied ou à vélo.
Vu leur état d’ébriété, ils doivent sortir
d’un troquet. Mais ils sont cool car aucun ne vient nous importuner.
Etant
donné l’heure, nous essayons de dormir un peu, Astro et JC à
même le sol et moi sur un banc. N’arrivant pas à dormir,
je reste là, à observer cette vie nocturne. Un brésilien
s’assoit à côté de moi, la guitare à la main.
Nous échangeons quelques banalités puis il se met à jouer
un petit morceau, berçant un peu cette douce nuit. Un vieillard s’approche
de nous, engage une courte conversation avec le guitariste et puis s’en
va.
Le
soleil se lève peu à peu, offrant des couleurs étonnantes
au ciel. Astro et JC se réveillent peu à peu. Nous en profitons
alors pour chercher un hôtel ou une posada. Nous nous dirigeons vers une
bonne adresse indiquée dans notre sacro-saint guide touristique. Malheureusement,
nous trouvons la porte fermée. De l’autre côté de
la rue, quelques mètres plus haut, un individu nous fait signe de venir.
Avec JC, nous allons voir. C’est le gérant d’un hôtel.
Il nous propose de visiter ses chambres. Pourquoi pas, nous n’avons rien
vu encore. C’est assez spartiate, sans charme et désert mais pas
très cher. Mais vous commencez à nous connaître, nous ne
nous arrêtons pas au premier hôtel venu. Nous décidons alors
d’en visiter d’autres.
Mais
au bout d’une bonne demi-heure de recherche, nous revenons finalement
à l’hôtel en tentant une nouvelle fois de baisser les prix.
Aucun problème, il nous donne deux chambres de deux pour le prix d’une
chambre de trois.
Soulagés d’avoir trouvé un bon plan en cette
période de pré-carnaval, nous nous reposons un moment avant de
faire quoique ce soit. Mais au bout d’une heure, je n’arrive plus
à dormir, peut-être la chaleur ou alors l’envie de profiter
au maximum des deux semaines qui nous restent de ce tour du monde. Je me lève
et frappe à la porte de la chambre de mes deux compagnons de voyage.
Ils dorment profondément. Je décide alors de partir à la
découverte de cette ville tant vantée par les touristes. Parati
(nom d’un poisson) est une petite ville coloniale conservée intacte
et est apparue comme l’un des hauts lieux du tourisme historique brésilien.
Escale maritime et terrestre entre le Portugal et le Minas Gerais où
transitaient or, soies, épices et pierres précieuses, Parati est
devenu
l’un des ports les plus importants du XVIIIème siècle. Plus
tard, avec l’abolition de l’esclavage et l’avènement
des chemins de fer entre Sao Paulo et Rio de Janeiro, elle tomba dans l’oubli.
En quelques minutes, je me retrouve rapidement dans la vieille
cité. Il est agréable de déambuler dans les ruelles avec
ses chaussées pavées, ses maisons basses colorées et ses
étages coloniaux en fer forgé. Une fine pluie vient troubler cette
promenade solitaire. Je retourne donc à l’hôtel pour partager
avec mes deux acolytes le charme de cette ville.
Mais avant tout, il nous faut déjeuner. Nous trouvons un
petit restaurant au kilo. C’est une sorte de self-service où l’on
paye en fonction du poids. Vous vous serv
ez,
puis ensuite, vous passez à la caisse équipée d’une
balance digitale et vous payer. Ça peut paraître bizarre mais c’est
très courant au Brésil.
Nous nous retrouvons dans les ruelles de la vieille ville. La pluie
continue de tomber mais toujours de façon éparse. Nous restons
de longs moments à déambuler en s’imprégnant du charme
régnant. Quelques touristes ont aussi pris le temps de visiter la ville
malgré le temps bien gris. Les églises, le mirador d’un
vieux fort où ne subsiste qu’un canon tout rouillé orienté
de façon à protéger la ville, le ponton du port où
s’alignent l
es
nombreuses embarcations de toutes les couleurs sont les principales attractions
de Parati. Le soleil refait son apparition et nous donne l’opportunité
de terminer la promenade par un petit verre en terrasse de la plage principale.
Cette dernière a la particularité d’avoir un fond marin
très plat et peu profond, ce qui permet aux baigneurs d’avoir pied
jusqu'à 250 mètres environs. JC en profite pour faire quelques
brasses pendant qu’Astrid et moi sirotons nos cocktails de fruits.
Le temps s’est amélioré et la nuit reste très
agréable.
Nous
partons à la recherche d’un lieu pour dîner. Le carnaval
est proche. Nous entendons un groupe de musiciens battre les pavés au
rythme de la samba. Nous avons remarqué qu’il n’y avait qu’un
seul chanteur qui donne le la à ses musiciens, dans un ensemble de percussions.
Nous restons quelques minutes devant ce spectacle de rue, avant d’aller
nous prendre un petit hamburger dans un troquet du coin.
Pour notre première soirée, nous décidons
d’arpenter les rues. Nous trouvons de nombreux restaurant remplis de touristes
mais cela manque d’ambiance. Nous arrivons sur une place où quelques
chaises sont installées devant la devanture d’un bar. Des locaux
mais aussi quelques occidentaux sont là pour se détendre dans
cette ambiance festive. Des gamins jouent au foot sur un terrain de jeu. D’autres
lancent des cailloux dans les branches d’un arbre afin d’en faire
tomber les fruits.
Un vendeur ambulant de caïpirinha est installé sur la place. Les
étalages de fruits nous donnent envie de goûter aux nombreux cocktails
proposés et nous n’y
manquons
pas. Un groupe de danseur de capoeira commence à animer la place. L’un
d’entre eux nous hypnotise par son agilité et par les figures développées.
Un petit français et ses parents s’installent à côté
de nous. Quelques minutes après, il se décide à aller affronter
les locaux et se débrouille pas mal pour un touriste (qui a du prendre
quelques cours avant). Nous restons là une grande partie de la soirée
à regarder le spectacle dans cette atmosphère bon enfant.
Le
temps aujourd’hui est très agréable. La veille nous avions
décidé de faire bronzette si le temps le permettait sur une des
plages réputées comme étant magnifique. Et comme le soleil
est bien présent, nous n’hésitons pas. Après une
heure de route sur des pistes de terre dans la jungle, nous nous retrouvons
sur un petit coin de paradis où règne une petite baraque servant
de restaurant. La plage est minuscule mais comme il n’y a pas foule, deux
familles avec enfants et un couple de filles. Et bizarrement, la plupart sont
français. Mais aujourd’hui nous n’avons pas très envie
de d’aller à leur rencontre. Nous restons donc tranquillement à
trois à profiter du soleil et de la mer. Quelle calme ! La journée
se termine par un beau coucher de soleil sur la plage. Nous savourons de plus
en plus ces instants de tranquillité car nous sommes maintenant plus
vers la fin que le début de notre périple.
Après cette étape reposante, nous quittons de nuit
cette ville au rythme nonchalant pour la provocante et bouillante ville de Rio
de Janeiro.