Nous arrivons encore à l’aube à notre nouvelle destination.
Nous avons pris l’habitude de voyager de nuit, pour ainsi gagner du temps
mais aussi économiser une nuit d’hôtel. La ville de Foz
de Iguaçu se réveille doucement.
Nous demandons au bureau d’information les lignes de bus pour rejoindre
le parc national, point de départ de l’excursion vers les fameuses
chutes. Nous en prenons un rapidement et sans attendre, nous voilà sur
la route. En arrivant une petite heure plus tard au parc, nous nous rendons
compte que nous sommes quasiment les seuls visiteurs.
Nous préférons
cette situation là car cela va nous permettre de contempler tranquillement
le site et prendre de belles images et vidéos qui ne seront pas ainsi
ratées par la présence de hordes de touristes (dont nous faisons
aussi partie !!!).
Nous arrivons au parc. Au moment d’acheter nos billets, nous avons la
désagréable surprise de devoir payer le double de la somme indiquée
par les locaux. Mais bon, on ne va pas rester à la porte d’une
des plus belles merveilles naturelles au monde, plus belles encore (selon les
spécialistes) que les chutes Victoria et celles du Niagara.
Pour la petite explication. Le Rio Iguaçu, prenant sa source dans les
montagnes côtières du Parana et du Santa Catarina à l’altitude
de 1300 mètres, serpente vers l’ouest sur 600 km faisant halte
derrière les barrages de Foz do Areia Cruz Machado et de Salto Santiago,
et recevant au passage quelques dizaines d’affluents. Il s’élargit
majestueusement et contourne une magnifique forêt avant de plonger et
de se fracasser en chutes étagées. Les 275 chutes recensées
s’étalent sur plus de 3 km de large et tombent d’une hauteur
de 80 mètres. Elles sont donc plus larges que les chutes Victoria, plus
haute que celles du Niagara et donc les plus belles !!!
Pour la petite histoire. Des milliers d’années avant leur « découverte » par
les hommes blancs, les chutes étaient un lieu sacré d’inhumation
des Tupi-Guarani et des Paragua. L’Espagnol don Alvar Nunez, surnommé Cabeza
de Vaca (« Tête de vache ») découvrit les chutes en
1541, au cours de son voyage entre Santa Catarina et Asuncion. Il les baptisa
Saltos de Santa Maria mais ce nom céda devant le nom Indien d’Iguaçu
qui signifient « grandes eaux » en tupi-guarani. En 1986, l’Unesco
a inscrit la région au patrimoine de l’humanité.
L’entrée du parc national est très bien organisée
avec ses magasins de souvenirs, ses produits artisanaux fabriqués par
les Indiens de la région, etc. Tout est aménagé pour les
touristes. Cela ressemble un peu à un parc d’attraction provenant
des Etats-Unis, donc complètement faux, aseptisé. En prenant
le bus à étage avec grande baie vitrée, nous sommes surpris
par tant d’artifice ; la musique de chant d’oiseaux et les informations
apportées par la voix pré-enregistrée nous confirment
que nous sommes dans un lieu voué au tourisme. Heureusement, au bout
d’un quart d’heure le calvaire se termine et nous pouvons entamer
l’excursion à pied.
Nous pouvons déjà en descendant du bus, entendre les vrombissements
des chutes. A peine quelques dizaines de mètres plus loin, nous oublions
le côté Disneyland du parc en contemplant le tableau naturel incroyable
de ces chutes d’eau. Vraiment grandiose !!! Cela vaut vraiment le détour.
Nous restons là un bon moment pour apprécier le spectacle. Sortis
de notre émerveillement, nous longeons le chemin qui nous fait découvrir
au fur et à mesure de nouvelles chutes et de nouveaux panoramas tout
aussi magnifiques.
Sur notre chemin, nous croisons un nombre incroyable de ratons laveurs qui
ne semblent pas effrayés de notre présence. Nous nous arrêtons
quelques minutes pour nous amuser avec eux, prendre des photos. Certains s’approchent
très près d’Astrid et de JC. Après cette interruption
de nos amis les bêtes, notre visite reprend de plus belle. Nous nous
retrouvons très rapidement sur la Garganta do Diablo (« la Gorge
du Diable »). Une passerelle permet de contempler de très près
cette énorme chute d’eau. Les fines gouttelettes d’eau créées
par les chutes nous redonnent une sensation de fraîcheur (on pourrait
y faire une publicité pour les chewing-gum). Nous restons sur cette
passerelle, le temps de découvrir la quantité phénoménale
d’eau qui tombe à côté de nous. Au loin, des faucons
tournoient au-dessus des chutes, une multitude de perroquets aux couleurs flamboyantes
passent près de nous. Quel spectacle !!!