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Découverte des Mines de Potosi
11 au 12 octobre 2002
 

C'est au cours de notre voyage en Bolivie que des voyageurs nous parlent d'une organisation qui aide les enfants de mineurs à Potosi en Bolivie.

N'ayant pas plus de renseignement, nous décidons donc de la chercher.

Pour l'Amérique Latine, nous avons changé notre façon d'agir par rapport à l'Asie. Durant tout ce voyage, notre parcours nous amène à rencontrer des organisations, des initiatives personnelles. Cette fois-ci, les partenariats ne sont plus montés en Europe avant le départ. En rencontrant au fur et à mesure des organisations, nous pouvons aider des ONG méconnues, peu médiatisées.

Arrivés dans la ville de Potosi, nous nous renseignons en centre ville. Des journalistes du journal " El Potosi " nous conseillent de rencontrer les membres d'une agence de voyage qui ont des contacts avec un jardin d'enfants à l'entrée d'une mine " El Caracol " (l'escargot).

Au directeur de l'agence de Tourisme Koala Tour, nous expliquons notre projet. " Pas de problème ! Venez demain matin à 9:00. Vous monterez dans le bus avec les touristes. On vous amènera gratuitement à l'association. Et vous ferez la connaissance de l'équipe. "

Le lendemain matin, nous voilà partis. Le bus s'arrête une première fois afin d'équiper les touristes en combinaisons, bottes, casques et en lampes électriques. Dans le groupe nous rencontrons un groupe d'italiens d'un certain âge. Nous hallucinons car 2 femmes en combinaisons gardent leur colliers de perles. Elle choqueront certainement les mineurs qui, nous le savons, ont beaucoup de mal à trouver de quoi survivre.

Le bus s'arrête une deuxième fois. Cette fois-ci c'est pour acheter des cadeaux pour les mineurs : jus d'orange, coca-cola, mais aussi alcool, outils et dynamite !

Arrivés à l'entrée de la mine, on nous présente une femme âgée qui nous emmène au jardin d'enfants.

A peine entrés, Bénédicte qui nous accompagne depuis quelques semaines, Auray et moi sommes envahis par les enfants. Ils se jettent sur nous et bientôt nous voilà avec un enfant dans les bras et 2 enfants qui demandent leur tour.

Deux femmes nous expliquent qu'elles ont repris l'activité de 2 autres volontaires. Pendant que les parents travaillent, le père dans la mine, la mère à l'extérieur, elles s'occupent des enfants. Ils ont entre 1 et 6 ans le matin et les plus âgés viennent l'après-midi. A l'heure du déjeuner, les enfants reçoivent un bol de lait et du pain.

Assez rapidement, nous nous rendons compte que ce n'est pas l'organisation que nous recherchons. Il y a plusieurs jardins d'enfants à l'entrée des mines. Ces derniers sont aidés financièrement par l'Etat Bolivien, à travers un Ministère, mais aussi par des organisations. Le Programme Alimentaire Mondial leur apporte un soutien, ainsi que l'Unicef, ou l'Organisation Internationale du Travail (OIT).
Parmi les organisations qui ont laissé quelques affiches au mur, Auray et moi tombons sur celle du CDR. " Nous travaillons pour l'amélioration du futur des enfants mineurs " promet l'affiche qui contient les sigles de l'IPEC, de l'OIT et du Centro para el Desarrollo Regional (CDR).

Reste à trouver ce qu'est le CDR et où il se trouve. En attendant, nous jouons un peu avec les enfants. La caméra numérique et l'appareil photo les fascinent !

Avant de repartir, les deux femmes nous expliquent qu'elle manquent de jouets pour les enfants. Elles nous demandent si, par l'intermédiaire du site, nous pouvons vous demander d'envoyer quelques jouets.

Vous pouvez les envoyer à l'adresse suivante :

Nomades On Line
1229, avenue de Rosendaël
59240 Dunkerque
France

Nous nous chargerons de leur envoyer par colis international.

La recherche du CDR est très difficile. Il semblerait que cette organisation est peu connue par les habitants.
Cependant une publicité en ville attire notre attention. Un enfant mineur, les bras en croix, semble avoir les ailes d'un ange. Son ombre est un oiseau qui se meurt. A sa droite, un bâton de dynamite allumé et des pierres tombent. A sa gauche, des poumons en mauvais état et en bas, des squelettes d'enfants. Le message dit simplement : " Plus de temps pour être enfant ". Nous sommes au début choqués par cette image négative. Nous comprendrons par la suite que tous les éléments de cette photo sont tout simplement le quotidien de plus de 6 000 enfants de Potosi.

C'est finalement le centre de santé de la croix rouge qui nous aidera. Dans leurs documents, et compte-rendus de réunions, ils y retrouvent les coordonnées du CDR.

Nous nous y rendons tout de suite et rencontrons un des responsables. Il est emballé par notre projet et nous donne des tonnes d'informations qui nous serviront pour notre reportage du mois. Nous sommes un vendredi. Il nous conseille alors de revenir lundi suivant afin de rencontrer la directrice.

En attendant, nous allons effectuer le circuit touristique des mines afin de voir ce que les agences montrent aux touristes pour comparer par la suite à la réalité que combat l'ONG tous les jours.

La même agence de tourisme nous propose un petit prix pour ce circuit. Elle même aide les familles de mineurs en donnant 15 % de leurs revenus annuels à un fond de solidarité. De plus, elle a aidé à la construction de centres de distribution d'eau potable pour les mineurs. Le directeur nous raconte que son père était mineur et qu'il est mort d'une maladie qui touche de nombreux travailleurs : la silicose.

Lors du circuit touristique, nous faisons la connaissance de 2 français Sébastien et Romain et une anglaise Rose. Notre guide est un ancien mineur. Il sait donc de quoi il parle. A l'entrée de la mine, des taches noires attirent notre attention : " C'est du sang. Du sang de lama. Tous les ans, nous bénissons la mine en sacrifiant un lama et en répandant son sang à l'entrée de la mine. Cela nous amènera de bons présages. " nous explique le guide.
Après s'être enfoncés de plusieurs centaines de mètres, nous faisons une pause. Le froid de l'extérieur (nous sommes tout de même à 4000 mètres d'altitude), et le vent s'engouffrant dans la mine se transforme en une chaleur lourde et humide.
Tranquillement, il mâche des feuilles de coca. Ils nous en distribue en expliquant que les mineurs mâchent ces feuilles toute la journée. Elles leur apporte un suc qui leur permet de lutter contre le mal de l'altitude. Ce suc leur donne aussi l'impression d'être plus fort et les aide à piocher dans le roc. Enfin c'est leur seul déjeuner de la journée. En évitant de manger, les mineurs avalent moins de poussière de minerais.

Au loin, nous entendons un homme piocher dans le roc. Béné ne se sent pas très bien et commence une petite crise de claustrophobie. Elle trouve tout de même le courage de nous accompagner voir notre premier mineur à l'action.

Il est seul dans une cavité. Il travaille ce samedi afin d'essayer de retirer quelques pierres de plus pour les revendre. Il nous explique qu'il trouve ici du plomb et de l'argent essentiellement. En montant à l'échelle, il va nous chercher quelques pépites d'argent et nous les donne. En échange nous lui donnons une boisson gazeuse et de la dynamite.
Nous repartons alors pour voir un autre mineur un peu plus bas. Cette fois-ci s'en est trop pour Béné. Sa crise de claustrophobie l'immobilise sur place. Je rappelle notre guide afin qu'il la guide jusqu'à la sortie.
En attendant, nous nous retrouvons avec les 2 français, l'anglaise, Auray et moi. Nous décidons d'éteindre nos lampes. Nous nous retrouvons dans un noir complet, incapables de voir quoique ce soit. Le silence est aussi des plus complets. Espérons que nous ne nous retrouvions pas en panne de batterie car nous serions incapables de ressortir de ce trou de souris !

Le guide arrive en courant, plié en deux pour ne pas se fracasser la tête contre les parois. Il est agile comme un singe et nous comprenons que jamais nous n'aurons son expérience et son habilité.

Après être descendus de quelques 40 mètres, le guide appelle un mineur. Nous le voyons remonter avec difficulté. Après nous avoir expliqué qu'il a choisi, au contraire de ses amis, de ne pas boire d'alcool afin d'avoir une condition optimale pour nourrir toute sa famille, nous lui offrons ce qu'il nous reste de cadeaux. Malheureusement il ne reste plus de dynamite sur nous.

Le guide avait gardé la dernière dynamite pour nous faire une démonstration d'explosion à la sortie de la mine. Nous nous concertons rapidement et décidons d'annuler cette démonstration et d'offrir ce dernier bâton à un mineur.

En rentrant, des mineurs bourrés entrent dans le bus. Nous sommes samedi et il est 18 heures. Ils sont dans un état très avancé. Dans le bus, ils nous font goûter à leur alcool.
Le croirez-vous ? L'alcool qu'ils absorbent est à 96 degrés !!!
Leur état fait vraiment pitié. Ils n'arrivent plus à se tenir debout. Assis sur leurs banquettes, certains s'amusent, d'autres dorment, d'autres enfin essayent de nous faire absorber leur breuvage qui nous brûle la gorge.
L'un d'entre eux, âgé de 40 ans mais qui paraît en avoir 55 ou 60, commence à pleurer comme un enfant. Il ne joue pas la comédie. Dans cet état d'ébriété avancé, il pleure sur sa condition.

Nous dînons avec les 2 amis français et l'anglaise. Elle nous dira que plus jamais elle n'osera se plaindre de son travail dans son bureau à Londres. Elle a vu les pires conditions de travail qu'elle n'avait jamais vu.

Alors que nous amis vont se coucher, nous décidons de sortir ce samedi soir pour nous changer les idées. L'ambiance au premier bar est assez calme et Béné s'embête royalement. Petit à petit, des jeunes arrivent et enflamment la piste de danse. Rapidement des filles nous invitent et des garçons invitent Béné à se déhancher sur la piste. En quelques minutes, nous voilà en plein apprentissage de salsa.

Lorsque la disco ferme ses portes, nous voulons continuer la soirée. Une musique nous fait changer de route. Sans trop insister, nous nous faisons inviter à un mariage bolivien.
Stupéfaction ! Tout le monde est dans un état second. Les invités et les mariés ont bu, beaucoup plus que de raison. Auray hésite à entrer dans la pièce principale : cela sent un peu trop le vomi !
Béné et moi nous engouffrons sans trop réfléchir et 10 minutes plus tard, nous dansons, elle avec le marié, moi avec la mariée qui a sa jupe blanche qui traîne dans le vomi qui jonche la sol.
Waouh ! Quelle journée !!!




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