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Salar de Uyuni. 3ème partie : les geysers, les bains thermaux, le cimetière des trains
8 et 9 octobre 2002
 

Il est 5 heures et demi du matin. La lumière de ce nouveau jour transperce la fenêtre embuée de notre chambre. Le froid nous force à rester encore un petit moment sous nos couvertures. Mais déjà notre guide frappe à notre porte pour nous annoncer le petit déjeuner.
Nous nous levons tant bien que mal. Nous sommes les seuls dans le refuge. Tous les autres sont partis tôt pour prendre le petit déjeuner près des thermes où la vue sur une des nombreuses lagunes que compte cette région du Sud Lipez est magnifique.
En sortant mettre les sacs dans le 4x4, nous nous rendons compte de la beauté du site avec cette lumière et les couleurs de ce ciel si pur à cette heure matinale. Elle est renforcée par l'isolement et le silence de cathédrale qui y règne.

Nous grimpons dans la voiture et reprenons la route. Le paysage désertique accompagné d'une légère brume flottant juste au-dessus du sol et de la luminosité ambiante nous transporte dans un autre monde imaginaire, qui pourrait être sorti de la tête du cinéaste américain, Tim Burton.
Notre voyage au cœur du désert de Uyuni s'interrompt par des bruits assourdissants. Un tableau tout aussi fantastique surgit à ce moment devant nous dans une plaine ouverte entourée de monts et montagnes, des vapeurs d'eau et de gaz jaillissent de terre pour s'élever dans les airs. Quelle vision que ces geysers s'élevant vers le ciel !!!

Nous nous arrêtons pour découvrir ces surgissements naturels. Nous nous approchons peu à peu de l'épicentre d'un des geysers, le plus puissant d'entre eux. Rien qu'au bruit, nous sentons la forte pression qui doit y régner. Nous restons là un bon moment pour prendre des photos et des vidéos de ces jets naturels.

Un peu plus loin, des vapeurs de soufre jaillissent de terre pour créer un nuage permanent au-dessus de ce cratère. Nous nous avançons prudemment des cavités d'où proviennent ces émanations car la chaleur peut y atteindre plus de 200 degrés. En nous penchant sur certaines d'entre elles, nous nous rendons compte de la température très élevée qui y règne. Toutes ces sources sont en ébullition. Des bulles apparaissent et éclatent dégageant ainsi les gaz.

 

Nous nous promenons dans ce paysage lunaire et complètement étrange où se côtoient le chaud et le froid. En effet, juste à proximité de ces geysers d'eau chaudes et de sources bouillantes, un champs de pics de glace éternelle s'étale sur une grande superficie !!! Caractéristique similaire au sous-sol de la planète Mars qui présenterait d'après les scientifiques de la glace sous sa surface rouge.

Après ce petit intermède martien, nous reprenons notre véhicule made in Japan, pour nous rendre dans les sources thermales. Partis les derniers, nous arrivons les derniers. Beaucoup des touristes croisés ces deux derniers jours sont déjà là pour prendre le petit déjeuner autour de cette lagune présentant des thermes chauds. Mais malgré la présence du soleil, la température reste encore fraîche. C'est pourquoi très peu de gens se sont aventurés à goûter les bienfaits de ces sources.
Bien évidemment, nous n'hésitons pas un instant à nous jeter dans un bain d'eau chaude riche en minéraux sur fond de lagune et montagne millénaire pour vous donner envie de venir visiter le désert de Uyuni. Aude nous accompagne et elle ne le regrette pas (à l'inverse de notre toute p'tite amie Béné, atteinte de frilosité aiguë, dommage !!!)

Revigorés par cette séance de thérapie naturelle, nous reprenons la route. Les heures défilent et les paysages de désert également. Mais un désert complètement extravagant, le désert de Salvador Dali, comme on le surnomme ici, nous émerveille. C'est un hommage bien justifié au peintre catalan que ce désert aux coupes de pierres taillées par le vent et le sable, aux couleurs chaudes, tout cela dans un décors pastelisé, surréaliste !

Au bout de 2 heures de route, nous découvrons l'un des sites préférés des grands photographes, de National Geographic en passant par ceux de la Nasa qui ont immortalisé sa couleur depuis l'espace, la laguna Verde. Nous nous retrouvons devant un tableau fascinant à 4500 mètres d'altitude où se superpose cette vaste étendue d'eau à la couleur émeraude et l'imposant volcan Licancabur. Nous restons là quelques minutes pour contempler cette vision magique.

Mais l'heure tourne et nous devons rejoindre le bureau de l'agence située quelques kilomètres plus loin sur les bords de la lagune Blanca. Car c'est là-bas que nous quittent Aude et tous ceux qui vont au Chili en traversant le désert d'Atacama. Un petit quart d'heure plus tard, nous arrivons dans une cabane où plusieurs 4x4 sont déjà présents. Nos deux amis du Wyoming (Etats-Unis) partent aussi et vont accompagner Aude dans son voyage vers la capitale chilienne. Nous nous quittons en nous échangeant nos adresses e-mails. Nous embrassons notre amie française qui aura passé une petite quinzaine de jours avec nous. C'est un court séjour mais elle a apprécié cette virée en Bolivie, terminée pour elle en apothéose dans le Salar de Uyuni.

Avec ces trois départs, nous nous retrouvons seuls, Dédé, Ginette et moi. Il est prévu de changer de véhicule pour rentabiliser les 4x4. Nous nous retrouvons alors avec Mirko, le Suisse et Aline, la Brésilienne. Nos bagages transvasés dans leur voiture, nous reprenons tout de suite la route. Ginette a un peu de mal à digérer le départ de Aude, se sentant un peu seule. Mais l'ambiance est chaleureuse avec Aline qui met de la bonne humeur avec ses chansons brésiliennes.

Le voyage se poursuit pour rejoindre le village où nous allons nous arrêter pour la nuit. Après une pause toilette dans un petit pueblo complètement isolé où la seule attraction est la minuscule église construite au milieu de la place. Ily a aussi la possibilité de visiter un jardin de rochers gigantesque aux couleurs ocres où seuls vivent les lamas et autres viscachas, les lapins aux longues queues.
Nous arrivons enfin après une après-midi de route à destination. Le village se trouve dans un oasis où une petite rivière coule paisiblement. Le vert de la végétation détonne dans ce milieu si aride. Grâce à cette eau, la vie reprend de plus belle. Des moutons, des lamas et autres animaux apparaissent dans ce tableau. En arrivant dans le pueblo, nous ne sommes plus étonnés de voir son organisation, faite d'une rue principale et de petites ruelles la traversant perpendiculairement de par et d'autres. Les maisons sont construites en terre. Le pueblo paraît désert. Les habitants sont sûrement restés chez eux, à l'ombre car la chaleur, même la fin d'après-midi est encore lourde. Seuls quelques enfants s'aventurent dehors pour s'amuser.

La guesthouse est très propre avec douche chaude, un grand luxe !!! Après une bonne toilette pour nous décrasser de ces 3 jours dans le désert, nous passons toute la soirée dans la salle à manger à discuter avec les autres touristes perdus comme nous dans cet oasis.

Sachant que nous avons toute la journée pour rejoindre la ville de Uyuni, nous partons vers 9 heures du matin. Cette fois-ci pas d'arrêt, car il y a peu de choses à voir sur cette route. Les paysages restent toujours aussi arides. Et la chaleur et la poussière sont toujours aussi présents et nos organismes fortement sollicités. Nous buvons beaucoup d'eau pour éviter la déshydratation. Enfin, après 4 heures de route, nous nous approchons de la ville.

Mais avant, une dernière halte devant un cimetière complètement insolite, le cimetière de train ! De nombreuses carcasses de locomotives sont délaissées sur ce terrain vague. Certaines motrices sont encore sur des rails et d'autres couchées. Ce lieu présente un charme étrange avec ces épaves de train abandonnées au milieu du désert, un peu à la Emir Kusturica. Nous nous amusons à jouer les conducteurs de train. Mais la récréation ne dure qu'un temps. Nous devons repartir.

Nous revoilà à Uyuni, après ce voyage irréel dans le Salar. Nous garderons des souvenirs incroyables de ce raid en 4x4.

Mais pas le temps de se reposer, nous achetons rapidement nos billets pour Potosi et ses mines d'argent. Juste le temps pour nous de revenir sur terre en surfant sur Internet pour avoir des nouvelles de nos proches et du monde, de reprendre des forces avec une bonne pizza et nous revoilà repartis vers une nouvelle destination pour 6 heures de bus. Mais ce n'est pas ce soir que nous allons reprendre des forces car, arrivant à Potosi à 4 heures du matin, nous préférons une nouvelle fois dormir dans le bus afin d'éviter une nuit à l'hôtel.


Le Désert Dali



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