parcours carnet de route reportages partenaires livre d'or SOMMAIRE

La forêt amazonienne du Parc National d'Amboro
2 au 4 octobre 2002
 

Il est 6 heures. Nous avons un bus à prendre pour aller au village où nous attend notre guide, Augustin. Nous arrivons sur la place centrale où se dresse fièrement un léopard en plastique qui est en fait la seule cabine téléphonique du coin. JC en profite pour appeler notre guide. A part la chaleur plus lourde qu'à Santa Cruz, c'est le chant oppressant des oiseaux qui nous surprend le plus en arrivant ici. Nous n'arrivons pas à savoir où ils se trouvent car les bruits semblent venir de partout.

Malheureusement nous ne voyons pas notre guide. Bon c'est vrai que nous avons deux petites heures de retard plus dues à la lenteur du bus qu'à celle de Béné, notre tout'petite amie. Nous tentons de nous informer dans la seule agence de tourisme de la place. La gérante nous annonce qu'Augustin est joignable sur son portable. Finalement en attendant tranquillement sur la terrasse d'une petite tienda, nous le retrouvons une heure plus tard. Il nous propose une visite du parc durant 3 nuits et 4 jours pour seulement 20 USD. Ça va le faire !!! Il nous propose également de laisser nos gros sacs dans le local des gardes forestiers pour nous alléger un peu.

Après une bonne heure de route, le taxi nous dépose dans une plaine défrichée par les exploitants forestiers. Juste à quelques mètres de nous des machines extraient des minerais, des ouvriers tamisent pendant ce temps. Devant nous à quelques centaines de mètres se dresse une forêt très dense.
Nous marchons une bonne demi-heure jusqu'à ce que nous atteignions une rivière. Les eaux sont bien tourmentées. Augustin semble un peu perplexe. Il ne s'attendait pas à ce que la rivière soit si haute. Il propose de passer tout de même. Il embarque avec lui les sacs contenants les objets de valeur, caméras photo et vidéo, etc. Nous l'observons traverser la rivière. Nous remarquons le fort courant emmenant des branches d'arbres. Bien campé sur ses jambes, il passe sans trop d'effort. Il dépose les sacs et nous fait signe d'y aller. JC se lance avec ses 72 kilos et arrive sans peine sur l'autre rive.

Aux filles maintenant ! Je ferme la marche. L'eau étant brouillée, opaque, je ressens une sensation chatouilleuse en foulant le fond limoneux. Au milieu de la rivière, elles peinent et il s'en faut de peu que Aude soit emportée et m'entraîne dans sa chute. Bien sûr cela nous fait bien marrer, sauf peut être notre guide. Mais heureusement sans aucun incident, nous atteignons la rive.
Mais comme la Béné adore se faire remarquer, elle nous a réservé un petite surprise. En traversant, elle s'est coupée la plante des pieds. Cela inquiète notre guide mais nous le rassurons. Nous avons tout pour soigner cette petite entaille. Après un bon quart d'heure, le temps pour Béné de nettoyer la plaie, nous nous remettons en route.

Nous marchons 2 heures sur une piste de terre. Le soleil est au rendez-vous, les paysages tropicaux également où la forêt verdoyante côtoie les champs de papayers, de citronniers, de manguiers et d'autres fruits exotiques. Béné sent une démangeaison au niveau de sa blessure de guerre. Elle enlève sa chaussure et s'affole quelque peu en voyant la grosse tâche de sang enveloppant la chaussette. En y regardant de plus près, la plaie ne s'est pas agrandie donc pas de stress à avoir. Béné remet sa chaussure en la serrant bien fort. Nous ne sommes plus très loin de notre campement.
Nous arrivons devant une propriété où une femme nous observe. C'est la belle-sœur de notre guide. Très avenant, le guide propose à Béné de monter à cheval pour lui éviter de marcher avec sa blessure. Grand moment de bonne rigolade à voir notre amie enfourcher l'animal sachant qu'elle n'avait jamais monté !!!

Nous arrivons à destination après avoir traversé d'autres petites sources d'eau. Notre campement installé en haut d'une butte est bien dégagé, entouré de grands arbres. Il y a 3 grandes cabanes en bois, la plus grande sera notre dortoir, la plus petite la cuisine et la dernière sera notre salle à manger et notre salon en même temps. Justement, 2 " gringos " y sont tranquillement installés et discutent.

Lianes étrangleuses d'arbres !!!

Augustin nous présente sa femme, sa petite fille et son père présents pour nous recevoir. Nous nous installons dans nos appartements. Nous sommes un peu déçus de voir un campement aussi " moderne ". Nous pensions faire une petite virée dans la jungle avec le strict nécessaire, dormir dans des hamacs, en pleine forêt. Mais bon tant pis, on fera avec.

Nous profitons de cette fin de journée à écouter les bruits des insectes, des chants des oiseaux. Nous faisons également la connaissance des deux gringos qui sont en fait des français. Nous passons dès lors la soirée ensemble à discuter de nos expériences de voyageur. Ils partent demain très tôt pour visiter le parc avec leur guide. Notre programme à nous démarre à 9h00.

Vers minuit, nous décidons de nous coucher pour être frais pour la première journée de balade dans le parc.

Lors du petit déjeuner, Augustin nous présente son père, qui sera notre nouveau guide durant cette journée. Le ventre plein, nous partons pour la balade. Nous marchons une petite demi-heure dans la forêt mais nous ne sommes pas encore entrés dans le parc. Nous nous arrêtons à un endroit propice pour voir les oiseaux. Equipé de jumelle, notre guide scrute, écoute les différents sons dégagés dans la nature et nous expose la vie de cette forêt et de ses habitants.

Nous restons là deux heures à mettre tous nos sens en éveil. Nous entendons les nombreux chants d'oiseaux. Nous observons les vols de ces animaux, les couleurs chatoyantes de leurs plumages, des formes des ailes des papillons, les dégradés de vert des feuilles des arbres, nous sentons cet air pur, l'odeur de l'humus, de l'humidité. Moment vraiment vivifiant.

Il est déjà midi, nous n'avons pas vu le temps passer. Nous retournons au campement pour prendre le déjeuner. Complètement pris dans le rythme lent et tranquille des lieux, nous nous allongeons pour une sieste réparatrice.

Nous repartons deux heures plus tard, pour rentrer dans le parc découvrir ses richesses naturelles. En haut d'un mirador, nous pouvons admirer l'étendue de cette vaste forêt. En descendant dans le lit de la rivière, nous en profitons pour nous rafraîchir en nous y baignant et ce malgré la couleur plutôt grise de l'eau. Mais le cadre de cette nature sauvage et la forte chaleur tropicale nous incitent vite à y plonger une petite tête.

Nous passerons les 2 jours suivants à visiter ce parc naturel riche en espèces végétales et animales. Les insectes, araignées, fourmis rouges géantes sont les plus faciles à observer. Malheureusement, il est très difficile de voir les mammifères, tapirs, cochons d'inde, félins mais aussi les reptiles comme les pythons se cachant, voulant se protéger de la menace des hommes et préférant rester dans des lieux difficiles d'accès. Seuls des cris, des empreintes sur le sol ou des excréments nous signalent leur existence et leur présence dans ce parc.

Notre guide voyant notre déception nous propose la dernière soirée de nous rendre dans le parc mais à la tombée de la nuit car c'est à ce moment là qu'il est possible de voir ces animaux. On sent les filles un peu réticentes à l'idée de se retrouver dans la jungle et dans le noir. Mais sachant que cela peut être marrant, elles se lancent.

Nous partons alors juste après le dîner, équipés de lampes torches. Une demi-lune éclaire de sa fine lumière la piste nous menant dans le parc. Nous reprenons le même chemin emprunté dans la journée mais dans ces conditions d'obscurité, tous nos repères s'en trouvent radicalement changés. Nous prêtons beaucoup plus attention à chaque moindre bruit, bruissement de feuilles, de cris d'oiseaux ou autres animaux faisant sursauter nos aventurières parisiennes. Béné très courageuse, à chaque son, sursaute et va s'agripper avec force au bras de JC !!!
Acertains moments, nous nous arrêtons à un endroit, nous nous asseyons par terre et restons silencieux et attendons l'arrivée d'un éventuel animal. Les deux premières fois, aucune bête ne se manifeste. C'est seulement à la troisième que nous entendons un mammifère s'enfuir d'un pas lourd, ayant manifestement senti notre présence. Le bruit des feuilles et des brindilles écrasées par le poids de la bête nous a bien surpris. Malheureusement, nous ne verrons rien.
Pour faire passer le temps, connaissant la phobie de Béné au sujet des insectes et particulièrement des araignées, nous ne pouvons nous empêcher de lui faire quelques frayeurs en simulant des bruits, en faisant bouger les feuilles des arbres et autres artifices. Cette balade nous a bien fait rigoler.

C'est notre dernier jour dans la jungle. Augustin est notre guide aujourd'hui. Il nous emmène faire une balade en remontant le long de la rivière. Il nous montre les différentes espèces végétales et animales. Des crottins de tapirs encore chauds nous indiquent la présence toute récente de cet animal dans le coin. Par moment, nous assistons à une envolée de papillons plus beaux les uns que les autres, de tailles toutes aussi variées et de couleurs des plus incroyables.
Parfois, notre ami Augustin nous offre le spectacle d'une imitation de cris de singe hurleurs. Très amusant. Mais le temps passe vite et nous devons déjà partir.

Sur le chemin, Ginette, heu Béné pardon, nous fait encore des siennes (aux vues des disputes et discussions enflammées perpétuelles entre Béné et JC, Aude leur avait trouvé les surnoms très réussis de Dédé et Ginette. Surnom qui leur restera jusqu'au départ de la Béné).
Sa chaussure droite a complètement explosé ! Aude, la Mac Gyver du groupe lui répare la chaussure avec des bouts de ficelles. Cela suffira le temps de retourner au campement.

Cela nous a un peu retardé. Notre guide a donné rendez-vous aux prochains touristes qui s'avèrent être en fait nos amies françaises Marie-Camille et Aurélie. Pour finir ces 4 jours en beauté, Augustin nous a réservé des chevaux pour le retour. C'est une balade très agréable nous permettant de profiter d'un point de vue différent sur les paysages de cette région.

Mais à l'arrivée, aucune française n'est là, ce qui préoccupe notre ami qui avait réservé les chevaux pour elles aussi. Au bout de 15 minutes, nous grimpons dans le taxi avec la femme et la fille d'Augustin. Lors d'un arrêt à un village, on fait part à notre guide que le taxi qui vient de partir avait dans son véhicule deux filles occidentales. Augustin demande alors de suivre ce taxi et pendant 5 minutes de course folle sur la piste devenant boueuse par la pluie forte qui vient de tomber, le chauffeur se prend pour Marcus Gronholm (pour les non-passionnés de rallye automobile, c'est le champion du monde des pilotes au volant de la 206 Peugeot WRC).

Il se met à la hauteur du taxi et par des signes de la main arrête la voiture. Nous descendons de notre véhicule sous une pluie bien forte et passons le bonjour à nos amies toutes surprises de nous voir. Nous papotons quelques minutes, le temps pour Augustin de monter dans le taxi des filles. Nous quittons de cette façon notre guide pour rejoindre le village. Nous reprenons nos gros sacs et par chance nous avons un bus qui nous emmène au terminal terrestre de Santa Cruz.
Malheureusement il n'y a plus de bus pour Sucre à cette heure. Les départs pour Sucre sont fixés à 18 heures. Nous sommes donc obligés de rester une nuit supplémentaire dans cette ville qui est bien agréable.

Après 25 heures de bus, nous nous retrouvons enfin à la gare routière de Sucre. A l'arrivée, des personnes nous accostent pour nous proposer des billets pour Potosi ou Uyuni. Justement celui de Uyuni part bientôt. On prévoyait de rester une journée ou deux pour découvrir la capitale politique du pays mais il ne reste plus beaucoup de temps à Aude pour faire le Salar de Uyuni et son désert de sel. On choisit donc de choper ce bus qui n'est pas direct. Il nous faudra reprendre un autre bus pour Potosi pour finalement arriver dimanche à 4 heures du matin à Uyuni.

 




  Cliquez sur l'image pour visualisez la vidéo
 
Cliquez sur les images pour les voir en plus gros
   
   
 
  PRECEDENT   CARNET DE ROUTE   SUIVANT  

 
ACCUEIL - SOMMAIRE