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Arequipa, la ville blanche
7 au 12 septembre 2002
 

De retour de notre trek dans le Canyon del Colca, nous voilà de nouveau à Arequipa. C'est la deuxième ville du pays avec 600 000 habitants. Certains bâtiments ont été construits en pierre de lave blanche, d'où le surnom de ville blanche.

Le nom d'Arequipa provient, lui, des Aymaras, l'ethnie qui l'a fondée. La cité fut construite dans une oasis de verdure, au pied du volcan Misti, magnifique qui surplombe aujourd'hui la ville. Arequipa veut dire : " l'endroit derrière la montagne pointue ".

Nous y passons des jours tranquilles. Avec nos ordinateurs, nous remettons à jour le site en écrivant de nouveaux carnets de route. Zoul profite également bien de nos machines. Avec lui, nous découvrons la vie nocturne de cette ville, beaucoup plus calme que celle de Cuzco. Nous y mettrons le feu quelques soirs cependant.

Céline et Julie, nos amies que nous avions croisées à Cuzco, reviennent de Bolivie. Elles y ont visité de nombreux endroits avec un programme chargé, dont le Salar d'Uyuni, le plus grand désert de sel du monde. Elles nous racontent leurs aventures et nous donnent très envie de découvrir en profondeur ce pays. C'est ce que l'on fera très bientôt !

Elles nous racontent aussi comment, de façon rusée, un bolivien leur a volé dans un bus leurs appareils photos argentique et numérique. Julie est dégoûtée d'avoir perdu de si bons souvenirs. On lui prendra plus tard des photos des mêmes lieux pour maigre consolation.

Alors que Zoul part rejoindre une amour chilienne à Santiago, nous visitons la ville d'Arequipa avec les filles. Céline et Julie sont très facile à vivre et nous concoctons rapidement notre petit circuit touristique.

Régulièrement, de jour comme de nuit, nous traversons la Plaza de Armas, l'une des plus belles places d'Amérique Latine (j'avoue avoir un faible pour celles de la Havane et pour une petite place de Trinidad à Cuba). Elle est très verte, avec de nombreux arbres et palmiers. Sous un certain angle, on peut parfois, par jour de grand beau temps, admirer le volcan Misti derrière la Cathédrale.

La plupart des bâtiments possèdent des murs épais afin de résister aux différents tremblements de terre qui secouent régulièrement la ville.

Nous ne visiterons pas le monastère Santa Carolina, car le prix d'entrée est démesuré, mais nous aurons loisir de l'admirer par en haut, une vue que nous avons de l'hôtel des filles. C'est une véritable ville dans la ville. Les riches héritières des grandes familles espagnoles payaient un droit d'entrée important pour devenir religieuses à cet endroit, en y apportant une dot.

Nous passerons plus de temps cependant à venir découvrir l'histoire de Juanita, fille de plus de 500 ans, au musée du sanctuaire andin.

En 1995, un archéologue effectuant un travail au Pérou fait un rêve. Une petite fille de 14 ans, très jolie, l'appelle. Elle est en haut du volcan Ampato proche d'Arequipa.

Intrigué, l'archéologue décide de monter une expédition. Il y a quelques jours un tremblement de terre a secoué la région. A 6380 mètres, il va découvrir dans la neige, le corps d'une petite fille inca. S'appelant John, il lui donne le nom de Juanita.

Juanita a été parfaitement conservée par la glace. Tous ses organes sont momifiés. Le tremblement de terre a en fait déplacé le corps de Juanita de quelques centaines de mètres. Elle a glissé jusque cet endroit dans la neige. Les quelques jours au soleil ont brûlé son visage et une partie de son côté. Mais à part cela, sa peau a conservé la couleur rosacée de sa jeunesse.

Juanita est une fille sacrifiée, par les Incas, pour calmer la colère des Dieux. Choisie à la naissance, de famille pure, elle a vécu jusqu'à ses 14 ans en sachant qu'elle était l'élue. Elle n'a aucune tache sur le corps, a été sélectionnée pour la beauté de ses parents, pour sa beauté prédestinée, pour sa pureté promise. Bénéficiant d'une alimentation riche et variée, elle a gardé sa virginité jusqu'à sa mort.

Le jour du sacrifice, elle a monté le volcan à 6380 mètres en compagnie des prêtres incas et de sa famille, afin de se rapprocher des Dieux. Avant de mourir, on lui a fait boire de la chicha, une boisson alcoolisée, afin qu'elle sente moins la douleur. Frappée d'un coup de bâton à pointes en pleine tête, elle est morte sur le coup. On déposa dans sa tombe des objets fait pour elle, des objets faits pour les Dieux, qui représentent la dualité du bien et du mal, de l'homme et de la femme.

Emouvant que de voir ce petit corps et d'imaginer une petite vie de 14 ans, avec la joie de satisfaire les dieux, avec la crainte du sacrifice final.


Allez on parle d'autre chose. Je vous avais promis une sélection de chapeaux péruviens. Profitez bien des couleurs et des formes variées. Les voici donc :

Mais le temps passe et nous avons hâte de partir découvrir la Bolivie. Céline et Julie sont rentrées à Paris. Nous prenons donc un bus de jour pour admirer la route.
Au bout d'une heure, le bus s'arrête, en panne. Une heure passe sans que le chauffeur n'arrive à régler le problème. En effet, c'est la transmission, le cardan. Et on sait l'importance d'un cardan !
Nous attendons 2 heures de plus un bus de remplacement. Oh moi, ça va. J'ai des batteries de rechange et j'écoute de la musique tout en écrivant des mails en déconnecté avec mon ordi. Mais Auray commence un peu à s'impatienter.

Repartis nous nous arrêtons régulièrement pour diverses raisons : prendre de l'essence, pause pipi, pause déjeuner, pause café, etc. Cela nous donne l'occasion de voir plusieurs mini tornades se former.

A Puno, nous prenons un autre bus pour Yunguyo. Arrivés à cette ville frontière, nous y choisissons un petit hôtel proche de la place centrale. En faisant le compte, nous aurons mis 15 heures pour faire…150 kms !

Le lendemain, nous choisissons de marcher les 2 kms jusque la frontière Pérou-Bolivie. Le sac à dos plein, j'ai l'ordinateur en bandoulière et l'appareil photo prêt à déclencher.

Mais la frontière est à peine visible. Une chaîne sépare la route en deux. Une cabane de chaque côté, l'une c'est la douane péruvienne et l'autre bolivienne. Mais à la sortie du Pérou, des policiers font un excès de zèle.

Ils demandent à fouiller nos sacs. Intrigués par les ordinateurs, ils nous demandent des factures. Je leur montre une facture à 0 franc…forcément, ils sont plus intrigués encore. Ils demandent la facture du deuxième ordinateur. Malheureusement je ne la trouve pas. Auray doit l'avoir.
Alors je leur montre une facture d'un appareil photo, leur faisant croire que c'est celle du deuxième ordinateur… Ca a l'air de passer… ouf !
" Et l'argent, combien d'argent avez vous ? ". Comme nous venons de changer nos derniers sols péruviens, je leur montre les 40 bolivianos que nous avons. " Vous ne pouvez pas vivre avec 40 francs en Bolivie" nous dit le policier. Alors nous lui présentons nos travellers cheques. De l'argent qui n'est pas de l'argent… impossible…

Cela durera bien 40 minutes. Avec 5 policiers, nous ne pouvons pas tous les surveiller quand ils fouillent nos sacs. On se rendra compte plus tard qu'ils nous auront volé 20 bolivianos, l'équivalent de 3 €, si vous préférez. Ah ces douaniers corrompus …!

Après quelques minutes de taxi collectif, nous voilà au bord du lac Titicaca, côté bolivien, à Copacabana, un nom qui fait rêver, non ?

 




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