De
retour de notre trek dans le Canyon del Colca, nous voilà de nouveau
à Arequipa. C'est la deuxième ville du pays avec 600 000 habitants.
Certains bâtiments ont été construits en pierre de lave
blanche, d'où le surnom de ville blanche.
Le nom d'Arequipa provient, lui, des Aymaras, l'ethnie qui l'a
fondée. La cité fut construite dans une oasis de verdure, au pied
du volcan Misti, magnifique qui surplombe aujourd'hui la ville. Arequipa veut
dire : " l'endroit derrière la montagne pointue ".
Nous y passons des jours tranquilles. Avec nos ordinateurs, nous
remettons à jour le site en écrivant de nouveaux carnets de route.
Zoul profite également bien de nos machines. Avec lui, nous découvrons
la vie nocturne de cette ville, beaucoup plus calme que celle de Cuzco. Nous
y mettrons le feu quelques soirs cependant.
Céline
et Julie, nos amies que nous avions croisées à Cuzco, reviennent
de Bolivie. Elles y ont visité de nombreux endroits avec un programme
chargé, dont le Salar d'Uyuni, le plus grand désert de sel du
monde. Elles nous racontent leurs aventures et nous donnent très envie
de découvrir en profondeur ce pays. C'est ce que l'on fera très
bientôt !
Elles nous racontent aussi comment, de façon rusée,
un bolivien leur a volé dans un bus leurs appareils photos argentique
et numérique. Julie est dégoûtée d'avoir perdu de
si bons souvenirs. On lui prendra plus tard des photos des mêmes lieux
pour maigre consolation.
Alors que Zoul part rejoindre une amour chilienne à Santiago,
nous visitons la ville d'Arequipa avec les filles. Céline et Julie sont
très facile à vivre et nous concoctons rapidement notre petit
circuit touristique.
Régulièrement,
de jour comme de nuit, nous traversons la Plaza de Armas, l'une des plus belles
places d'Amérique Latine (j'avoue avoir un faible pour celles de la Havane
et pour une petite place de Trinidad à Cuba). Elle est très verte,
avec de nombreux arbres et palmiers. Sous un certain angle, on peut parfois,
par jour de grand beau temps, admirer le volcan Misti derrière la Cathédrale.
La
plupart des bâtiments possèdent des murs épais afin de résister
aux différents tremblements de terre qui secouent régulièrement
la ville.
Nous ne visiterons pas le monastère Santa Carolina, car
le prix d'entrée est démesuré, mais nous aurons loisir
de l'admirer par en haut, une vue que nous avons de l'hôtel des filles.
C'est une véritable ville dans la ville. Les riches héritières
des grandes familles espagnoles payaient un droit d'entrée important
pour devenir religieuses à cet endroit, en y apportant une dot.
Nous
passerons plus de temps cependant à venir découvrir l'histoire
de Juanita, fille de plus de 500 ans, au musée du sanctuaire andin.
En 1995, un archéologue effectuant un travail au Pérou
fait un rêve. Une petite fille de 14 ans, très jolie, l'appelle.
Elle est en haut du volcan Ampato proche d'Arequipa.
Intrigué,
l'archéologue décide de monter une expédition. Il y a quelques
jours un tremblement de terre a secoué la région. A 6380 mètres,
il va découvrir dans la neige, le corps d'une petite fille inca. S'appelant
John, il lui donne le nom de Juanita.
Juanita
a été parfaitement conservée par la glace. Tous ses organes
sont momifiés. Le tremblement de terre a en fait déplacé
le corps de Juanita de quelques centaines de mètres. Elle a glissé
jusque cet endroit dans la neige. Les quelques jours au soleil ont brûlé
son visage et une partie de son côté. Mais à part cela,
sa peau a conservé la couleur rosacée de sa jeunesse.
Juanita
est une fille sacrifiée, par les Incas, pour calmer la colère
des Dieux. Choisie à la naissance, de famille pure, elle a vécu
jusqu'à ses 14 ans en sachant qu'elle était l'élue. Elle
n'a aucune tache sur le corps, a été sélectionnée
pour la beauté de ses parents, pour sa beauté prédestinée,
pour sa pureté promise. Bénéficiant d'une alimentation
riche et variée, elle a gardé sa virginité jusqu'à
sa mort.
Le
jour du sacrifice, elle a monté le volcan à 6380 mètres
en compagnie des prêtres incas et de sa famille, afin de se rapprocher
des Dieux. Avant de mourir, on lui a fait boire de la chicha, une boisson alcoolisée,
afin qu'elle sente moins la douleur. Frappée d'un coup de bâton
à pointes en pleine tête, elle est morte sur le coup. On déposa
dans sa tombe des objets fait pour elle, des objets faits pour les Dieux, qui
représentent la dualité du bien et du mal, de l'homme et de la
femme.
Emouvant que de voir ce petit corps et d'imaginer une petite vie
de 14 ans, avec la joie de satisfaire les dieux, avec la crainte du sacrifice
final.
Allez on parle d'autre chose. Je vous avais promis une sélection de chapeaux
péruviens. Profitez bien des couleurs et des formes variées. Les
voici donc :
Mais le temps passe et nous avons hâte de partir découvrir
la Bolivie. Céline et Julie sont rentrées à Paris. Nous
prenons donc un bus de jour pour admirer la route.
Au
bout d'une heure, le bus s'arrête, en panne. Une heure passe sans que
le chauffeur n'arrive à régler le problème. En effet, c'est
la transmission, le cardan. Et on sait l'importance d'un cardan !
Nous attendons 2 heures de plus un bus de remplacement. Oh moi, ça va.
J'ai des batteries de rechange et j'écoute de la musique tout en écrivant
des mails en déconnecté avec mon ordi. Mais Auray commence un
peu à s'impatienter.
Repartis
nous nous arrêtons régulièrement pour diverses raisons :
prendre de l'essence, pause pipi, pause déjeuner, pause café,
etc. Cela nous donne l'occasion de voir plusieurs mini tornades se former.
A Puno, nous prenons un autre bus pour Yunguyo. Arrivés
à cette ville frontière, nous y choisissons un petit hôtel
proche de la place centrale. En faisant le compte, nous aurons mis 15 heures
pour faire
150 kms !
Le lendemain, nous choisissons de marcher les 2 kms jusque la frontière
Pérou-Bolivie. Le sac à dos plein, j'ai l'ordinateur en bandoulière
et l'appareil photo prêt à déclencher.
Mais
la frontière est à peine visible. Une chaîne sépare
la route en deux. Une cabane de chaque côté, l'une c'est la douane
péruvienne et l'autre bolivienne. Mais à la sortie du Pérou,
des policiers font un excès de zèle.
Ils demandent à fouiller nos sacs. Intrigués par
les ordinateurs, ils nous demandent des factures. Je leur montre une facture
à 0 franc
forcément, ils sont plus intrigués encore.
Ils demandent la facture du deuxième ordinateur. Malheureusement je ne
la trouve pas. Auray doit l'avoir.
Alors je leur montre une facture d'un appareil photo, leur faisant croire que
c'est celle du deuxième ordinateur
Ca a l'air de passer
ouf
!
" Et l'argent, combien d'argent avez vous ? ". Comme nous venons de
changer nos derniers sols péruviens, je leur montre les 40 bolivianos
que nous avons. " Vous ne pouvez pas vivre avec 40 francs en Bolivie"
nous dit le policier. Alors nous lui présentons nos travellers cheques.
De l'argent qui n'est pas de l'argent
impossible
Cela durera bien 40 minutes. Avec 5 policiers, nous ne pouvons
pas tous les surveiller quand ils fouillent nos sacs. On se rendra compte plus
tard qu'ils nous auront volé 20 bolivianos, l'équivalent de 3
€, si vous préférez. Ah ces douaniers corrompus
!
Après quelques minutes de taxi collectif, nous voilà
au bord du lac Titicaca, côté bolivien, à Copacabana, un
nom qui fait rêver, non ?