De
retour à Cuzco, nous flânons dans les rues, à la recherche
d'un lieu où nous pourrions déjeuner. Mais une foule au loin attire
notre attention. Au fur et à mesure que nous nous approchons, nous entendons
des musiques traditionnelles, des tambours, de flûtes.
Proche de la Plaza de Armas, un défilé d'enfants,
déguisés et maquillés, a lieu. La circulation des véhicules
a été arrêtée. Des centaines de passants regardent
la magnifique spectacle qui se présente à eux.
Des groupes homogènes d'une trentaine d'enfants se déplacent
au son de ces rythmes andins, avec à leur tête, un porte drapeaux.
Nous nous renseignons auprès d'adultes qui accompagnent ces enfants.
Il s'agit juste de la fête d'une école de la ville. Par solidarité,
une vingtaine d'écoles s'associent à la fiesta en faisant défiler
une de leurs classes.
Bien entendu, vous l'imaginez, nous sommes tout fous ! Voilà
une occasion géniale de faire des photos d'enfants en habits traditionnels.
Manu vide plusieurs pellicules et moi, je remplis d'images mon appareil numérique.
Les déguisements sont très diversifiés. Mais
on retrouve souvent quelques constantes : la flûte de pans, le bonnet
couvrant le visage les jours de grand froid. Certains déguisements nous
font penser à Tintin et les Picaros. Les enfants sont heureux comme tout,
d'abord grâce à cette grande fête, qui est la leur, mais
aussi car ils sont les vedettes des photographes et cameramen.
Allez, voici une petite sélection des photos, rien que pour
vous !
Les jours suivants, je ne me sens pas bien. J'ai quelques douleurs
persistantes au ventre. Je n'y prête au début que peu d'attention.
Mais le jour du départ de Manu, je suis complètement alité
et pas en forme du tout. Auray raccompagne Manu et je m'excuse de ne pas pouvoir
l'accompagner à l'aéroport.
Le
gérant de l'hôtel me prépare un maté de coca. La
coca est cette feuille aux vertus endolorantes et curatives. Elle sert à
de nombreux usages. On peut la préparer en maté, c'est une sorte
d'infusion. On peut aussi la mâcher, la manger en bonbons, etc. Après
un processus chimique lent et complexe, elle donne un produit malheureusement
trop connu dans nos pays occidentaux : la cocaïne.
En maté, elle permet de diminuer les douleurs au ventre.
Je suis les conseils de notre sponsor l'Institut Pasteur : je fais confiance
à la médecine traditionnelle. Ce n'est pas sensé soigner
mais calmer la douleur. J'essaye et ça marche !
Le lendemain, zoul, notre ami tourdumondiste rencontré au
Cambodge quelques mois auparavant, nous rejoint. Lui, il remonte l'Amérique
Latine alors que nous la descendons. Alors forcement, on s'était promis
de se rencontrer au milieu.
Malheureusement
mon état de santé empire. Alité, je suis incapable de bouger.
J'ai très froid. Avec déjà 6 couvertures, je demande à
Auray de m'en amener 2 autres. Je n'arrive à rien manger, à rien
boire non plus. J'arrive juste à bouger les lèvres pour parler.
Je n'ai jamais été si faible, si mal.
Après une nuit très difficile, mon état s'améliore.
J'arrive à me lever. Pendant qu'Auray et Zoul finissent leur nuit après
s'être enqueris de mon état de santé, je prend le taxi direction
l'hôpital.
Dans la salle d'attente, après le test sanguin, mon état empire
subitement. Les infirmières s'en rendent compte et vont cherche une chaise
roulante. Elle m'emmènent dans le bureau du médecin qui n'est
pas encore arrivé. Elles m'allongent sur le lit. J'ai terriblement froid,
et les 3 couvertures qu'elles m'amènent n'y changent rien.
Le
médecin arrive et voit mon état. Très vite il me dit que
je suis en état de déshydratation avancée. Il faut tout
de suite me réhydrater en intra-veineuses. Il en profite pour prescrire
un anti-vomitif afin de régler mon problème récurent. On
attend les résultats des tests sanguins.
Une infirmière tente une première piqûre, mais
sans succès. Deuxième, troisième. Elle a du mal à
trouver une veine visible. Je suis presque inconscient. Affolée, je l'entend
courir chercher une collègue. Celle-ci semble plus expérimentée
et me pique dans le dos de la main. Ca marche. Je sens la première infirmière
rassurée.
Le médecin revient 30 minutes plus tard. Il a le diagnostic.
C'est la salmonellose !
Cette bactérie
provient d'aliments tels que le lait, les œufs. J'ai attrapé cela
il y a 10 à 15 jours car c'est la période d'incubation de la maladie.
J'ai donc attrapé la fièvre typhoïde.
Il semble que je n'ai pas créé assez d'anticorps lors de mon vaccin
contre le Typhus. La caractéristique de cette maladie est qu'elle vous
abat puis vous êtes en pleine forme et quelques heures plus tard, à
l'article de la mort à nouveau.
Réhydraté, je me sens un peu mieux. Je peux aller
acheter les médicaments puis rentrer à l'hôtel.
Le soir même, nouvelle attaque, très violente. Zoul
et Auray sont inquiets à nouveau. Ils écrivent à l'Institut
Pasteur, ainsi qu'à Assistance Etudiants. On envisage un rapatriement
sanitaire et commence les démarches.
Mais les médicaments commencent à faire leur effet.
Ca va mieux.
Et tant mieux car une amie de France vient nous rejoindre avec
sa petite sœur. Nous partons chercher Julie et Céline à l'aéroport
de Cuzco. Elles nous amènent des munitions et une nouvelle caméra
numérique ! Elles ouvrent leurs sacs et nous font découvrir des
trésors culinaires français : le saucisson, des olives de Provence,
et du Pastis.
Waouh
….on va leur faire la fête en une soirée, et notre ami zoul
se joindra à nous, pour profiter de ces mets qui manquent tellement quand
on est loin de son pays.
La preuve ? Regarder les émotions qui se dégagent
dans la petite vidéo, là-bas en haut à droite de cette
page