Remis
de nos émotions au Machu Picchu, nous voilà repartis pour découvrir
le lac Titicaca. C'est le lac navigable le plus haut du monde. Il se situe à
3 827 mètres d'altitude.
Pour y aller, Manu suggère de louer une voiture afin de
profiter au maximum des paysages qui s'offrent à nous depuis plusieurs
jours. Cela nous permettrait de nous arrêter, de prendre de bonnes photos
de paysages et de la vie paysanne locale. Nous nous renseignons, mais même
en divisant le prix par trois, c'est tout de même beaucoup beaucoup plus
cher qu'en bus. Nous voilà donc repartis pour 8 heures de bus.
Le bus fait quelques arrêts durant le trajet mais toujours
dans des stations fermées. Pas possible d'admirer la vue et de prendre
des images.
Nous voilà arrivés. Le bus s'arrête dans une
gare des bus dans une cour. Nous débarquons, récupérons
nos sacs à dos de la soute. J'ai repéré une guesthouse
dans notre guide de voyage. Nous demandons alors aux taxis locaux où
se trouve l'hôtel. Et là on sent une certaine incompréhension.
Ils ne connaissent pas l'hôtel. Bizarre. Nous leur donnons le nom de la
rue : Alfonso Ugarte. Ils ne connaissent pas non plus, pourtant c'est la rue
principale de Puno. Etrange.
Il nous faudra 5 bonnes minutes pour comprendre ce qui se passe
: nous ne sommes pas à Puno, mais à Juliaca. Mince, on est descendus
trop tôt. Vite, on retourne vers la station de bus
trop tard ! Notre
bus est reparti déjà.
Nos
amis taxis sont morts de rire. On s'énerve bêtement en pensant
au chauffeur qui savait très bien que nous n'étions pas arrivés
et qui nous a gentiment sortis les affaires de la soute. Bon c'est trop nul
cette histoire. C'est bel et bien de notre faute et on finit par en sourire.
Il commence à se faire tard et il faut rejoindre Puno avant la tombée
de la nuit. Nous sommes en fait à 30 minutes en bus. Mais nous devons
d'abord marcher 20 minutes pour attraper un colectivo, une sorte de minibus,
dans le centre ville de Juliaca.
Nous voici arrivés dans cette grande bourgade. La ville
ne semble pas très animée, surtout pour un vendredi soir. Nous
trouvons l'hôtel tant cherché et partons dîner car il commence
à se faire très tard. En bas de l'hôtel, Auray a repéré
une petite pizzeria. Et nous voilà en train d'enfiler une reine grillée
au four traditionnel.
Après une petite balade dans les rues qui confirment notre
première impression (c'est une ville morte !!!), nous allons nous coucher
sagement.
Le
lendemain, nous partons nous balader au marché de la ville qui se trouve
à 100 mètres de l'hôtel. Dans la rue déjà,
des vendeuses de fleurs se sont installées. L'ambiance et sympa et nous
passons du temps à flâner. Manu commence à chercher des
cadeaux à offrir à sa famille et à ses amis pour son retour.
Les
petits stands disséminés dans le sud de la ville proposent surtout
des tissus traditionnels, des pulls en alpaga (souvenez-vous, ce dérivé
de lama, à la viande si bonne).
Puis nous partons vers les abords du lac. Très vite, on nous propose
de faire un tour sur le lac à un prix dérisoire afin de découvrir
des îles flottantes. Nous montons dans le bateau avec des autochtones.
Sur ce lac haut perché, une ethnie, les Uros, vivaient d'une
curieuse manière. Les habitants avaient découpé des roseaux
du lac et les avaient assemblés. Ces roseaux sont la base des îles
flottantes. En superposant les couches de roseaux, on peut ainsi marcher sur
ces nouvelles îles. C'est ainsi que des villages se sont formés.
Les habitants vivant essentiellement de la pêche, avaient ainsi leur habitation
la plus proche de leur lieu de travail.
Malheureusement, l'ethnie des Uros a disparu, minée par la misère.
Les indiens Aymaras ont, il y a peu de temps, compris l'intérêt
touristique du lieu. Ils s'y sont installés, se faisant passer pour les
descendants des Uros.
Les
hommes pêchent le jour pendant que les femmes et les enfants occupent
les îles. Elles font des objets traditionnels et les vendent aux touristes
de passage. Il y a environ 300 personnes qui vivent maintenant sur une soixantaine
d'îles. 5 sont suffisamment grandes pour accueillir les visiteurs.
L'une
des îles, la plus grande, a vu le jour grâce à un personnage
que nous connaissons. Philippe de Dieuleveut, pour les besoins de son émission
" la Chasse aux Trésors " avait eu besoin d'édifier
une grande île sur des tonneaux (souvenez-vous : les équipes devaient
courir pour chercher un trésor caché.) L'idée est venue
aux indiens de garder cette île et de l'exploiter touristiquement.
Quand le roseau pourrit dans l'eau, les indiens recoupent et mettent
de nouvelles couches. Les îles sont fixées par des poteaux d'eucalyptus.
C'est
une sensation assez étrange que de marcher sur ces îles. On s'enfonce
de quelques centimètres sans toutefois toucher l'eau. A chaque pas, on
a l'impression de marcher sur un matelas.
Après avoir visité quelques îles, nous repartons
vers la côte. Au milieu de parcours, le moteur du bateau toussote puis
s'arrête.
Après
quelques essais infructueux, le conducteur du bateau nous explique que nous
sommes bloqués. La transmission est cassée. Manu, qui est ingénieur
moteur chez Peugeot Sport, ne veut pas y regarder. Il est en vacances, le coco
!
Bon, le temps passe et aucun autre bateau ne passe à côté
de nous. Il se fait tard et il est probable que nous soyons le dernier bateau
du jour à visiter les îles. Le temps se couvre et un orage menaçant
s'approche. Le vent se lève et les eaux du lac commencent à s'agiter.
On propose au conducteur d'appeler des personnes du port, mais il n'a pas de
radio. Qu'à cela ne tienne, on lui explique qu'on a un téléphone
portable et que l'on peut appeler son chef.
Le problème, c'est qu'il ne connaît pas le numéro de téléphone
Au
loin, nous voyons la côte et nous commençons à scruter l'horizon
à l'aide des zooms de nos appareils photos. 2 ou 3 bateaux quittent le
port. Nous leur faisons signe, mais ils ne nous voient pas et continuent leur
chemin dans une autre destination.
Il faudra attendre presque une heure pour qu'un bateau se rapproche
de nous. Ouf, nous ne dormirons pas au milieu du lac (je vous rappelle qu'on
est en hiver ici et que nous sommes à plus de 3 800 mètres d'altitude
! Bref il caille !).
Nous changeons de bateau, accrochons le bateau en panne à côté
(et bizarrement pas derrière) et rentrons au port.
Nous reprenons un bus le soir même. Une évangéliste
nous fait 20 minutes de discours pour nous bercer.