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Les îles flottantes du Lac Titicaca


17 août 2002
 

Remis de nos émotions au Machu Picchu, nous voilà repartis pour découvrir le lac Titicaca. C'est le lac navigable le plus haut du monde. Il se situe à 3 827 mètres d'altitude.

Pour y aller, Manu suggère de louer une voiture afin de profiter au maximum des paysages qui s'offrent à nous depuis plusieurs jours. Cela nous permettrait de nous arrêter, de prendre de bonnes photos de paysages et de la vie paysanne locale. Nous nous renseignons, mais même en divisant le prix par trois, c'est tout de même beaucoup beaucoup plus cher qu'en bus. Nous voilà donc repartis pour 8 heures de bus.

Le bus fait quelques arrêts durant le trajet mais toujours dans des stations fermées. Pas possible d'admirer la vue et de prendre des images.

Nous voilà arrivés. Le bus s'arrête dans une gare des bus dans une cour. Nous débarquons, récupérons nos sacs à dos de la soute. J'ai repéré une guesthouse dans notre guide de voyage. Nous demandons alors aux taxis locaux où se trouve l'hôtel. Et là on sent une certaine incompréhension. Ils ne connaissent pas l'hôtel. Bizarre. Nous leur donnons le nom de la rue : Alfonso Ugarte. Ils ne connaissent pas non plus, pourtant c'est la rue principale de Puno. Etrange.

Il nous faudra 5 bonnes minutes pour comprendre ce qui se passe : nous ne sommes pas à Puno, mais à Juliaca. Mince, on est descendus trop tôt. Vite, on retourne vers la station de bus…trop tard ! Notre bus est reparti déjà.
Nos amis taxis sont morts de rire. On s'énerve bêtement en pensant au chauffeur qui savait très bien que nous n'étions pas arrivés et qui nous a gentiment sortis les affaires de la soute. Bon c'est trop nul cette histoire. C'est bel et bien de notre faute et on finit par en sourire.
Il commence à se faire tard et il faut rejoindre Puno avant la tombée de la nuit. Nous sommes en fait à 30 minutes en bus. Mais nous devons d'abord marcher 20 minutes pour attraper un colectivo, une sorte de minibus, dans le centre ville de Juliaca.

Nous voici arrivés dans cette grande bourgade. La ville ne semble pas très animée, surtout pour un vendredi soir. Nous trouvons l'hôtel tant cherché et partons dîner car il commence à se faire très tard. En bas de l'hôtel, Auray a repéré une petite pizzeria. Et nous voilà en train d'enfiler une reine grillée au four traditionnel.

Après une petite balade dans les rues qui confirment notre première impression (c'est une ville morte !!!), nous allons nous coucher sagement.

Le lendemain, nous partons nous balader au marché de la ville qui se trouve à 100 mètres de l'hôtel. Dans la rue déjà, des vendeuses de fleurs se sont installées. L'ambiance et sympa et nous passons du temps à flâner. Manu commence à chercher des cadeaux à offrir à sa famille et à ses amis pour son retour. Les petits stands disséminés dans le sud de la ville proposent surtout des tissus traditionnels, des pulls en alpaga (souvenez-vous, ce dérivé de lama, à la viande si bonne).
Puis nous partons vers les abords du lac. Très vite, on nous propose de faire un tour sur le lac à un prix dérisoire afin de découvrir des îles flottantes. Nous montons dans le bateau avec des autochtones.

Sur ce lac haut perché, une ethnie, les Uros, vivaient d'une curieuse manière. Les habitants avaient découpé des roseaux du lac et les avaient assemblés. Ces roseaux sont la base des îles flottantes. En superposant les couches de roseaux, on peut ainsi marcher sur ces nouvelles îles. C'est ainsi que des villages se sont formés. Les habitants vivant essentiellement de la pêche, avaient ainsi leur habitation la plus proche de leur lieu de travail.
Malheureusement, l'ethnie des Uros a disparu, minée par la misère. Les indiens Aymaras ont, il y a peu de temps, compris l'intérêt touristique du lieu. Ils s'y sont installés, se faisant passer pour les descendants des Uros.

Les hommes pêchent le jour pendant que les femmes et les enfants occupent les îles. Elles font des objets traditionnels et les vendent aux touristes de passage. Il y a environ 300 personnes qui vivent maintenant sur une soixantaine d'îles. 5 sont suffisamment grandes pour accueillir les visiteurs.

L'une des îles, la plus grande, a vu le jour grâce à un personnage que nous connaissons. Philippe de Dieuleveut, pour les besoins de son émission " la Chasse aux Trésors " avait eu besoin d'édifier une grande île sur des tonneaux (souvenez-vous : les équipes devaient courir pour chercher un trésor caché.) L'idée est venue aux indiens de garder cette île et de l'exploiter touristiquement.

Quand le roseau pourrit dans l'eau, les indiens recoupent et mettent de nouvelles couches. Les îles sont fixées par des poteaux d'eucalyptus.

C'est une sensation assez étrange que de marcher sur ces îles. On s'enfonce de quelques centimètres sans toutefois toucher l'eau. A chaque pas, on a l'impression de marcher sur un matelas.

Après avoir visité quelques îles, nous repartons vers la côte. Au milieu de parcours, le moteur du bateau toussote puis s'arrête. Après quelques essais infructueux, le conducteur du bateau nous explique que nous sommes bloqués. La transmission est cassée. Manu, qui est ingénieur moteur chez Peugeot Sport, ne veut pas y regarder. Il est en vacances, le coco !
Bon, le temps passe et aucun autre bateau ne passe à côté de nous. Il se fait tard et il est probable que nous soyons le dernier bateau du jour à visiter les îles. Le temps se couvre et un orage menaçant s'approche. Le vent se lève et les eaux du lac commencent à s'agiter.
On propose au conducteur d'appeler des personnes du port, mais il n'a pas de radio. Qu'à cela ne tienne, on lui explique qu'on a un téléphone portable et que l'on peut appeler son chef.
Le problème, c'est qu'il ne connaît pas le numéro de téléphone…

Au loin, nous voyons la côte et nous commençons à scruter l'horizon à l'aide des zooms de nos appareils photos. 2 ou 3 bateaux quittent le port. Nous leur faisons signe, mais ils ne nous voient pas et continuent leur chemin dans une autre destination.

Il faudra attendre presque une heure pour qu'un bateau se rapproche de nous. Ouf, nous ne dormirons pas au milieu du lac (je vous rappelle qu'on est en hiver ici et que nous sommes à plus de 3 800 mètres d'altitude ! Bref il caille !).
Nous changeons de bateau, accrochons le bateau en panne à côté (et bizarrement pas derrière) et rentrons au port.

Nous reprenons un bus le soir même. Une évangéliste nous fait 20 minutes de discours pour nous bercer.

 




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