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La forteresse de Sacsahuaman
13 août 2002
 

Désireux de poursuivre notre visite de Cuzco, nous arpentons les murs incas de la ville, puis montons vers les divers miradors. De là bas, on aura une superbe vue sur la cité. Arrivés à une intersection, on nous indique que pour continuer la visite, il convient de s'acquitter d'un droit d'entrée. Pardon ?
Pour marcher plus loin, pas question de payer ! Nous partons donc pas une autre route qui semble aussi monter. Mais l'un d'entre nous regarde son guide…Il y a en haut un site inca au nom difficilement prononçable Sacsahuaman. Bon mais ça à l'air pas mal. On finit donc la grimpette de façon un peu sportive en montant la raide montagne. Nous arrivons en bas d'une grande croix qui domine la ville. Mais on voit des personnes armées se diriger vers nous…des gardes certainement… Après avoir immortalisé une photo, nous partons donc gentiment pour voir ce que le reste de la montagne nous offre.
Nous tombons avec plus ou moins de hasard sur le magnifique site inca. Il s'agit en fait d'une forteresse composée de blocs énormes (parfois plusieurs dizaines de tonnes) ajustés en zigzag au milieu d'une grande esplanade. Un horoscope inca géant se trouve dans une partie, tandis que l'autre, en face, abritait le trône d'un roi inca et servait certainement aux cérémonies religieuses.
Tous les solstices d'hiver, c'est à dire le 24 juin, avait lieu la fête de l'Inti Raymi. C'est le jour où le soleil est le plus éloigné de la terre. Les Incas étaient de grands astronomes et adorateurs du soleil, comme on le sait. Leurs prêtres faisaient donc ce jour de grandes incantations pour qu'il revienne près de notre terre. Les Péruviens sont-ils aujourd'hui si éloignés de ces croyances ? Pas tant que cela, puisqu'ils continuent à perpétrer cette tradition qui fut interdite durant l'occupation espagnole.

Nous flânons à travers les ruines, chacun se laissant porter par la magie du lieu. Nous découvrons une cavité et un passage souterrain. Nous nous y engageons mais au bout d'un moment, nous sommes obligés de rebrousser chemin. A la sortie, nous perdons Auray qui part flâner on ne sait où. Avec Manu, nous partons sur la colline à côté comme nous l'avions évoqué avec le tout p'tit ami, voir une imposante statue du Christ et qui domine la ville, illuminée le soir et faisant face à un arc-en-ciel formé après une gentille rosée lointaine. Mais Auray n'y est pas. Manu commence à s'inquiéter et crie le nom de Michel, surnom d'Auray (un mauvais jeu de mot avec Michel Aoune…). Pas de réponse…la nuit tombe…il est temps de rentrer.
On retrouve Auray en ville. Lui aussi nous a cherché en vain.
Pour nous remettre de ces émotions, nous décidons de nous faire un bon restau ce soir avant notre sortie quotidienne du soir : au menu Alpaga (de la famille du Lama) et vin péruvien…Mum…que bueno !

Le lendemain, nous rencontrons le directeur de l'ONG Plan International à Cuzco. Nous allons donc faire la visite en deux temps. D'abord nous allons visiter un programme d'arrivée d'eau dans 2 villages ainsi que des écoles. Puis nous attendrons quelques jours car notre caméra en panne, nous attendons une caméra de rechange que nous amènera une amie, Julie, dans quelques jours.

Nous partons donc avec un responsable de l'ONG pour voir la première école. Durant l'une heure et demi de trajet en 4x4, nous découvrons les vallées voisines. Avec des terres un peu brûlées par un soleil trop violent en journée, les montagnes ont une couleur ocre magnifique. Il faudra absolument revenir prendre plus de temps pour profiter de ces paysages.
Arrivés dans la première école, nous sommes très bien reçus par le directeur. Il nous fait la visite guidée de l'école. Nous entrons dans les salles et les enfants nous chantent des chansons de bienvenue. Puis on nous montre les accessoires pédagogiques financés par l'ONG. Santé, hygiène, éducation. Les outils sont nombreux et on sent tout de suite la qualité de l'enseignement. Le ministère de l'éducation a participé aussi au financement de ces outils.
Puis le directeur réunit les professeurs dehors et nous laisse leur poser des questions. Le fait le plus frappant est que des enfants vivent très loin de l'école et marchent parfois plus de 3 heures, le matin et 3 heures le soir pour suivre les cours. Ils partent vers 5 heures du matin de chez eux pour arriver à 8 : 00 à l'école. Souvent l'énergie donnée par le petit déjeuner vite absorbé le matin est déjà consommé. Les enfants, ventre vide, sont moins attentifs en cours. Vers 13 : 00 ils rentrent chez eux et y arrivent vers 16 heures. Cela fait beaucoup d'heures le ventre creux.
Les professeurs demandent de l'aide aussi pour les jeux. Ne possédant qu'un terrain caillouteux, ils n'ont pas de cour de récréation digne de ce nom et pas d'infrastructure (portiques, etc.). Le responsable de l'ONG explique que cela viendra plus tard, que pour le moment d'autres écoles ont besoin de soutien sanitaire plus urgent, tels des latrines.
Mais le directeur doit nous abandonner. Il a la visite d'une organisation d'Amérique du Nord qui vient lui offrir une trentaine de livres pour sa bibliothèque. A nouveau les enfants entament des chants pour remercier leurs donateurs…ça sent un peu le réchauffé, alors nous partons continuer notre visite.
La deuxième école présente les même problèmes aggravés par une grande désertion scolaire. Quand il faut faire 6 heures de marche pour aller à l'école tous les jours et que l'on a 6 ans, on comprend que l'on préfère aider son papa dans les champs. Mais la violence domestique et l'alcoolisme des papas vient aggraver le tableau. L'ONG développe donc des cours de formations aux parents.
Pour finir la journée, nous visitons avec le maire du village, un système d'arrivée d'eau potable financé en partie par l'ONG. Le projet finalisé, l'ONG a demandé à la mairie de créer un comité populaire chargé de l'entretien des installations et de s'assurer du bon fonctionnement. Les habitants, fraîchement habitués à avoir de l'eau courante et potable chez, qui plus est gratuite, en profitent pour leur hygiène, leur santé, mais aussi pour arroser leurs jardins potagers, ce qui coûte malheureusement cher en traitement d'eau. Les responsables lancent donc une politique d'information et de sensibilisation à l'économie d'eau.
Des problèmes que nous connaissons aussi chez nous…

Nous rentrons donc tranquillement chez nous, avides d'en savoir plus. Il faudra attendre l'arrivée de Julie, c'est à dire une bonne semaine avant de continuer la visite des programmes.
En attendant, demain, nous irons voir le plus incroyable des sites inca et il va y avoir de l'aventure au Machu Picchu !!!



 
 
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