Désireux
de poursuivre notre visite de Cuzco, nous arpentons les murs incas de la
ville, puis montons vers les divers miradors. De là bas,
on aura une superbe vue sur la cité. Arrivés à une intersection,
on nous indique que pour continuer la visite, il convient de s'acquitter d'un
droit d'entrée. Pardon ?
Pour marcher plus loin, pas question de payer ! Nous partons donc pas une autre
route qui semble aussi monter. Mais l'un d'entre nous regarde son guide…Il
y a en haut un site inca au nom difficilement prononçable Sacsahuaman.
Bon mais ça à l'air pas mal. On finit donc la grimpette de façon
un peu sportive en montant la raide montagne.
Nous
arrivons en bas d'une grande croix qui domine la ville. Mais on voit des personnes
armées se diriger vers nous…des gardes certainement… Après
avoir immortalisé une photo, nous partons donc gentiment pour voir ce
que le reste de la montagne nous offre.
Nous tombons avec plus ou moins de hasard sur le magnifique site inca. Il s'agit
en fait d'une forteresse composée de blocs énormes (parfois plusieurs
dizaines de tonnes) ajustés en zigzag au milieu d'une grande esplanade.
Un horoscope inca géant se trouve dans une partie, tandis que l'autre,
en face, abritait le trône d'un roi inca et servait certainement aux cérémonies
religieuses.
Tous
les solstices d'hiver, c'est à dire le 24 juin, avait lieu la fête
de l'Inti Raymi. C'est le jour où le soleil est le plus éloigné
de la terre. Les Incas étaient de grands astronomes et adorateurs du
soleil, comme on le sait. Leurs prêtres faisaient donc ce jour de grandes
incantations pour qu'il revienne près de notre terre. Les Péruviens
sont-ils aujourd'hui si éloignés de ces croyances ? Pas tant que
cela, puisqu'ils continuent à perpétrer cette tradition qui fut
interdite durant l'occupation espagnole.
Nous
flânons à travers les ruines, chacun se laissant porter par la
magie du lieu. Nous découvrons une cavité et un passage souterrain.
Nous nous y engageons mais au bout d'un moment, nous sommes obligés de
rebrousser chemin. A la sortie, nous perdons Auray qui part flâner on
ne sait où. Avec Manu, nous partons sur la colline à côté
comme nous l'avions évoqué avec le tout p'tit ami, voir une imposante
statue du Christ et qui domine la ville, illuminée le soir et faisant
face à un arc-en-ciel formé après une gentille rosée
lointaine.
Mais
Auray n'y est pas. Manu commence à s'inquiéter et crie le nom
de Michel, surnom d'Auray (un mauvais jeu de mot avec Michel Aoune…). Pas
de réponse…la nuit tombe…il est temps de rentrer.
On retrouve Auray en ville. Lui aussi nous a cherché en vain.
Pour nous remettre de ces émotions, nous décidons de nous faire
un bon restau ce soir avant notre sortie quotidienne du soir : au menu Alpaga
(de la famille du Lama) et vin péruvien…Mum…que bueno !
Le lendemain, nous rencontrons le directeur de l'ONG Plan International
à Cuzco. Nous allons donc faire la visite en deux temps. D'abord nous
allons visiter un programme d'arrivée d'eau dans 2 villages ainsi que
des écoles. Puis nous attendrons quelques jours car notre caméra
en panne, nous attendons une caméra de rechange que nous amènera
une amie, Julie, dans quelques jours.
Nous partons donc avec un responsable de l'ONG pour voir la première
école. Durant l'une heure et demi de trajet en 4x4, nous découvrons
les vallées voisines. Avec des terres un peu brûlées par
un soleil trop violent en journée, les montagnes ont une couleur ocre
magnifique. Il faudra absolument revenir prendre plus de temps pour profiter
de ces paysages.
Arrivés
dans la première école, nous sommes très bien reçus
par le directeur. Il nous fait la visite guidée de l'école. Nous
entrons dans les salles et les enfants nous chantent des chansons de bienvenue.
Puis on nous montre les accessoires pédagogiques financés par
l'ONG. Santé, hygiène, éducation. Les outils sont nombreux
et on sent tout de suite la qualité de l'enseignement. Le ministère
de l'éducation a participé aussi au financement de ces outils.
Puis le directeur réunit les professeurs dehors et nous laisse leur poser
des questions. Le fait le plus frappant est que des enfants vivent très
loin de l'école et marchent parfois plus de 3 heures, le matin et 3 heures
le soir pour suivre les cours. Ils partent vers 5 heures du matin de chez eux
pour arriver à 8 : 00 à l'école. Souvent l'énergie
donnée par le petit déjeuner vite absorbé le matin est
déjà consommé. Les enfants, ventre vide, sont moins attentifs
en cours. Vers 13 : 00 ils rentrent chez eux et y arrivent vers 16 heures. Cela
fait beaucoup d'heures le ventre creux.
Les
professeurs demandent de l'aide aussi pour les jeux. Ne possédant qu'un
terrain caillouteux, ils n'ont pas de cour de récréation digne
de ce nom et pas d'infrastructure (portiques, etc.). Le responsable de l'ONG
explique que cela viendra plus tard, que pour le moment d'autres écoles
ont besoin de soutien sanitaire plus urgent, tels des latrines.
Mais le directeur doit nous abandonner. Il a la visite d'une organisation d'Amérique
du Nord qui vient lui offrir une trentaine de livres pour sa bibliothèque.
A nouveau les enfants entament des chants pour remercier leurs donateurs…ça
sent un peu le réchauffé, alors nous partons continuer notre visite.
La deuxième école présente les même problèmes
aggravés par une grande désertion scolaire. Quand il faut faire
6 heures de marche pour aller à l'école tous les jours et que
l'on a 6 ans, on comprend que l'on préfère aider son papa dans
les champs. Mais la violence domestique et l'alcoolisme des papas vient aggraver
le tableau. L'ONG développe donc des cours de formations aux parents.
Pour
finir la journée, nous visitons avec le maire du village, un système
d'arrivée d'eau potable financé en partie par l'ONG. Le projet
finalisé, l'ONG a demandé à la mairie de créer un
comité populaire chargé de l'entretien des installations et de
s'assurer du bon fonctionnement.
Les
habitants, fraîchement habitués à avoir de l'eau courante
et potable chez, qui plus est gratuite, en profitent pour leur hygiène,
leur santé, mais aussi pour arroser leurs jardins potagers, ce qui coûte
malheureusement cher en traitement d'eau. Les responsables lancent donc une
politique d'information et de sensibilisation à l'économie d'eau.
Des problèmes que nous connaissons aussi chez nous…
Nous rentrons donc tranquillement chez nous, avides d'en savoir
plus. Il faudra attendre l'arrivée de Julie, c'est à dire une
bonne semaine avant de continuer la visite des programmes.
En attendant, demain, nous irons voir le plus incroyable des sites inca et il
va y avoir de l'aventure au Machu Picchu !!!