Lundi
29 juillet. Juste le temps de prendre une douche, nous partons rejoindre
les enfants du Plan pour la 2ème sortie de ces colonies de vacances.
Antoine et Martin, les volontaires du Plan, ont organisé cette fois-ci
un jeu de piste dans le Quito colonial. Ils ont caché très tôt
ce matin dans des lieux touristiques, églises, fontaines, statues, etc.
des enveloppes avec des questions concernant l'histoire de ces monuments afin
de faire découvrir la ville de manière intelligente et ludique.
Cette fois-ci, les 2 GO (Gentils Organisateurs) lillois n'ont pas loué
les services d'un bus privé. Nous devons alors tous prendre les transports
en commun pour rejoindre le parc central où se trouve le point de départ
de ce jeu de piste. Faire prendre le bus à 80 enfants passe encore mais
leur faire prendre le métro à 8 heures du matin, heure d'affluence
n'est pas une partie de plaisir. Mais finalement, les enfants s'auto-disciplinent
et tout se passe bien.
Antoine et Martin sont là. Ils nous attendent. Ils donnent
la répartition des groupes avec pour chaque adulte son parcours. Ce dernier
est fait sous forme de devinette à poser aux enfants pour connaître
la future destination. Certains sont enchantés, d'autres plus septiques
mais tous s'entraident pour jouer le jeu.
Toute la journée, nous arpentons les rues du Vieux Quito
à la recherche de ces monuments et de son histoire : le monastère
de San Francisco sur la place qui porte le même nom, la chapelle de Cantuna
édifiée au XVIIème siècle, le couvent San Diego,
la Plaza de Independencia où se trouvent le palais présidentiel,
la place et l'église San Domingo, et bien d'autres lieux historiques.
Les enfants découvrent petit à petit les richesses de leur ville
qui lui a value d'être inscrite au patrimoine mondial de l'humanité
par l'Unesco. Malgré la fatigue engendrée par les longues balades
entre les différents monuments, les enfants s'amusent énormément
et se souviendront longtemps de cette journée culturelle.
Mardi
30 juillet. Le tournoi de football organisé par le Plan va avoir
lieu ce dimanche. Malheureusement, les travaux concernant les gradins ne sont
pas totalement achevés. Il faut enlever les monticules de terre. Grégoire
a l'idée de mettre à contribution les enfants et les adultes pour
accélérer le chantier. Au début sceptiques sur cette manière
de faire, les enfants par leur engagement et leur désir de participer
à la vie de ce centre nous surprennent fortement. Et comme tout le monde,
nous donnons également notre petit coup de main durant cette matinée.
N'ayant pas pu voir les petites Jessica et Carolina la semaine
dernière, les filleules de JC et d'un ami, Antoine, nous en avions fait
part à Grégoire. Il s'est proposé de nous emmener les voir
chez elles cet après-midi. Le quartier de Pisulli est le plus récent
des quartiers pauvres de Quito. Il n'est pas aisé de s'y retrouver dans
les nombreux dédalles de ses petites ruelles. Ayant les adresses mais
pas de plan du quartier, nous faisons un saut chez le curé de la paroisse.
Ce dernier étant présent depuis quelques années à
Quito, il possède une carte détaillée de ce quartier.
Ça
y est, nous avons les adresses de Jessica et de Carolina en tête, nous
pouvons maintenant leur rendre une petite visite de courtoisie. En allant au
domicile de la filleule de JC, nous nous rendons compte à quel point
il est difficile de s'orienter dans ce quartier. Les maisons faites de tôle
et d'adobe se ressemblent presque toutes. Mais heureusement, un numéro
est souvent inscrit sur la porte. Nous voilà devant sa maison, une habitation
inachevée, très délabrée. Personne ne nous répond.
Une adolescente et deux fillettes s'approchent de nous. Ce sont la cousine et
la petite sœur de Jessica. Nous les mettons au courant que JC va devenir
son parrain et qu'il voudrait la voir. Elles courent la chercher. Au bout de
quelques minutes, Jessica pointe le bout de sonnez à travers la porte,
un peu timide de voir trois adultes la demander. Mais elle reconnaît JC
et court vers lui. Au même moment la grande sœur arrive. La mère
de Jessica n'étant pas là, nous lui expliquons tout : comment
va se dérouler la scolarité de Jessica, la correspondance entre
parrain et filleule, l'aide financière, les contacts etc.
Pendant
que JC discute avec la petite, Grégoire et moi immortalisons la scène
par quelques photos. Nous restons là une bonne demi-heure, le temps pour
une voisine de s'incruster à la conversation, le temps également
pour Jessica de faire ses pitreries devant l'appareil photo. Mais nous devons
les quitter pour prévenir la petite Carolina que, elle aussi, va avoir
un parrain. La grande sœur de Jessica propose alors à JC de revenir
demain. Toute la famille sera présente pour le recevoir et célébrer
cet événement qui va sûrement changer le quotidien de cette
famille et celui de la petite Jessica.
De
la même façon, nous trouvons la maison de la petite Carolina. Nous
sommes reçus par une dame qui semble être la mère de la
filleule de notre ami, Antoine Dupont. Nous la mettons au courant de la nouvelle.
Mais elle nous annonce que sa famille va bientôt déménager
à une dizaine de kilomètres de leur maison actuelle, à
cause du propriétaire terrien qui veut les chasser, et parce que plus
haut, les terrains sont gratuits, mais ne possèdent pas l'eau potable.
Grégoire, prenant note de ce problème, lui assure que cela ne
causera pas de soucis pour le parrainage de sa fille. Elle appelle alors Carolina.
Elle aussi est un peu intimidée mais nous la mettons tout de suite en
confiance en lui annonçant son parrainage. JC commence alors l'interview
vidéo pour l'envoyer à son parrain. Elle en perd sa timidité
et va se changer pour les besoins de la caméra !!! La nuit va bientôt
tomber et comme ce quartier n'est pas très sûr, nous devons alors
prendre congé de nos hôtes. Mais nous savons en partant que nous
avons fait des heureux.
Mercredi
31 juillet. Notre dernier jour au Plan. Nous consacrons notre matinée
à travailler sur le site et faire nos sacs. L'après-midi, nous
avons chacun un programme chargé. JC doit passer voir la famille de Jessica
à Pisulli, pendant que moi, je passe ma dernière après-midi
avec les enfants à regarder un dessin animé " Shrek ".
Cela me fait bizarre de passer mes derniers moments avec eux. Cela me rend triste
de quitter ces petits bouts de chou alors que nous n'y avons passé qu'un
mois !!! Et je ressens la même tristesse dans le regard de certaines fillettes
lorsque je leur apprends que nous allons partir demain.
Le soir, pour notre despedida, nous avons préparé
un petit apéro et des crêpes bretonnes. Antoine, Martin, Alex qui
s'est proposé de ramener les alcools et Grégoire sont là
pour fêter ça. La soirée se déroule dans une bonne
humeur, mais cette fois-ci sans quinche. C'est une soirée plutôt
discussion, les thèmes s'enchaînent !!! Et c'est dans ces moments
là que Grégoire réussit à nous convaincre de rester
une journée de plus, car c'est la dernière de la colonie de vacances.
Ensuite le Plan ferme ses portes pour les ouvrir mi-octobre. Et pour la dernière
journée, c'est piscine dans les bains chauds de la Merced, à une
heure de route de Quito.
Jeudi 1er août. Cette fois-ci,
nos 2 GO ont prévu un bus privé. Les enfants avec leurs petits
sacs remplis de leur maillot de bain et de leur serviette, montent dans le bus.
Certains se disputent pour que nous nous mettions à côté
d'eux. Cela nous fait chaud au cœur de sentir cette attention. Le trajet
se déroule sans aucun incident particulier. A part un gamin qui a vomi
dans le car, ce qui a rendu presque malade JC !!!
Nous
arrivons à la Merced, joli parc avec deux bassins, un grand et un petit.
Les enfants en voyant les piscines, se précipitent pour se changer et
en deux trois mouvements les voilà dans l'eau. Cette dernière
ne respire pas la clarté. Mais malgré sa couleur boueuse, elle
est " propre " et surtout chaude, 45 degrés environ. C'est
la température idéale, surtout que la température extérieure
est loin d'être élevée mais le soleil est bien présent.
Nous
passons la matinée à jouer avec les enfants. Certains osent aller
dans le grand bassin mais seulement avec notre aide. Ils s'agrippent comme ils
peuvent, seul voir à plusieurs. A un moment, nous nous amusons à
porter sur nos épaules les enfants et à faire tomber nos adversaires.
Sur le coup, cela nous amuse beaucoup mais nous regrettons les jours suivants
: mal de cou !!!
Mais le déjeuner marque nos adieux définitifs (mais
on ne sait jamais…) avec tous ces enfants du Plan qui nous ont offerts
beaucoup de moments émouvants. Nous saluons tous les professeurs équatoriens
et nos amis lillois que nous retrouverons sûrement sur Lille. Malheureusement
à ce moment là, un jeune se fracture le bras à cause d'une
chute. Il doit être emmené d'urgence à une clinique. Nous
sautons malheureusement sur l'occasion pour monter dans la camionnette avec
Grégoire et Anna. Ils nous déposent aimablement à la gare
routière. Nous les remercions pour leur gentillesse et leur hospitalité.
Nous chopons un bus pour Banos, première étape vers
la frontière péruvienne. Nous y arrivons vers 19h00. Nous nous
rendons tout de suite à notre guesthouse que nous avions connue la première
fois avec Guylène et où nous avions donné rendez-vous à
nos amis Scouts. Ils sont tous là.
Alice,
Emilie, Mélanie, Pierre-Marie et Pierre-Olivier sont dans la cuisine
en train de prendre l'apéro au Cristal Limon et de préparer le
repas du soir : riz au thon, un festin en soi. Le temps pour nous déposer
nos affaires dans notre chambre et nous voici prêts à les rejoindre
pour l'apéro. Cette soirée démarre sous de très
bons auspices et nous réserve bien des surprises …
Vendredi
2 août 2002. Cela vous dit quelque chose ? Non, essayez de vous
rappeler. Un petit effort. Depuis quand sont partis vos 2 nomades ??? Hé
oui, c'est le 2 août 2001 que nous sommes partis pour ce tour du monde
humanitaire. Nombreuses découvertes, nombreux paysages, nombreux moyens
de locomotions, nombreuses galères, nombreuses heures sur Internet, nombreux
sourires et surtout nombreuses rencontres ont égayé cette riche
année.
Pour
marquer cette date anniversaire, nos amis Scouts, surtout Alice et Mélanie,
nous ont réservé une surprise…que nous ne pouvons dévoiler.
Par contre ce qu'on peut vous dire, c'est que la soirée s'est très
agréablement déroulée jusqu'à finir dans la rue
sous la pluie en sous-vêtements pour JC et Alice, à cause d'une
défaite à la quinche, pari oblige !!!
Samedi
3 août 2002. Nous avons célébré notre anniversaire
de voyage comme il se doit, grâce à la participation de nos amis
Scouts. Mais the show must go on. Nous devons reprendre la route pour le Pérou,
à Lima précisément, où notre pote de Lille, Manu
doit arriver le 6 août. Pour entériner notre rencontre, nous décidons
de prendre le dernier déjeuner ensemble et quoi de mieux que finir par
la spécialité du pays : du cochon d'inde grillé !!!
Je
ne suis pas fan mais Pierre-Marie semble apprécier la chair goûtue
de cette pauvre bête…Nous nous quittons après ce festin sûrs
de nous revoir en France. Nous chopons le bus pour Riobamba à quelques
600 kilomètres de la frontière. Nous arrivons trop tard pour le
bus de 16 heures qui doit nous mener à Cuenca, la troisième ville
du pays inscrite au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. Malheureusement,
nous ne pourrons pas la visiter. Le dernier bus est à 21 heures. Ne voulant
pas attendre, nous tentons le stop mais sans succès. Nous nous rabattons
alors sur le bus de nuit avec ses 5 heures de route.