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Week-end au village écolo de Mindo
Vendredi 19 au dimanche 21 juillet 2002
 

Après les adieux avec Guylène à l'aéroport, nous sommes rentrés nous coucher quelques heures. Christelle, la Bruxelloise rencontrée la semaine derrière à Zumbahua, nous attend à la gare du bus pour notre week-end à Mindo, petit village situé au nord-est de Quito. Nous allons rendre visite à Barbara, l'autre Bruxelloise, qui travaille depuis 3 mois dans une association locale de protection de l'environnement et qui nous a convaincu de venir découvrir les richesses naturelles de cette région.

Il est 13 heures. Nous avons juste le temps de prendre une douche et prendre quelques affaires. Pas le temps de choper un bus, nous allons prendre un taxi. Heureusement ils sont légions à cette heure-ci.

Christelle est bien là, le visage un peu tiré par le manque de sommeil. Mais il n'il y a plus de bus direct pour Mindo. Nous en trouvons un qui nous déposera à l'intersection avec la route qui mène au village. Après 4 heures de route, le chauffeur nous annonce qu'il faut descendre. Nous nous exécutons. Une petite route en terre descend sur une vallée verdoyante. Une légère brume s'attarde sur la cime des arbres. Il fait légèrement frisquet. Un homme d'une quarantaine d'années est descendu en même temps que nous. Une camionnette l'attend. Nous nous empressons de lui demander son chemin. Par chance, il va à Mindo. Il accepte de nous y emmener.

Dans la descente, nous commençons à discuter avec l'homme qui est en fait un scientifique belge, géologue, travaillant à Mindo. Avec sa barbe, son chapeau, il nous fait un peu penser au professeur Tournesol, personnage illustre des BD d'Hergé. Il nous explique le combat qu'il mène contre la compagnie pétrolière OCP. Des dégâts auraient été causés par des fuites de pétrole d'anciens oléoducs. Afin d'empêcher de nouveaux accidents écologiques, avec d'autres militants, il a acheté un terrain, qui se trouve sur le tracé d'un oléoduc, en cours de construction. Ce combat, il le mène depuis presque 8 ans. Mais c'est un combat de David contre Goliath. Avec l'appui du gouvernement, l'entreprise lui mettrait des bâtons dans les roues pour lui faire abandonner sa lutte. Un combat juste ? N'ayant pas tous les éléments en main, nous ne voulons pas porter de jugement. Nous en avons discuté par la suite avec Grégoire, le directeur de l'ONG, présent en Equateur depuis de nombreuses années. A l'opposé de ce scientifique, il est plutôt pour l'action de l'OCP. Le pétrole extrait est revendu aux pays voisins permettant une rentrée importante de devises étrangères. L'Equateur étant un pays en voie de développement avec une dette immense, le gouvernement peut, avec les dollars du pétrole, la réduire et ainsi se préoccuper des problèmes du pays, l'éducation en premier lieu… A vous de juger !!!

Nous arrivons au village de Mindo. On dirait qu'il est sorti d'un film de Far West, avec sa rue principale où se tiennent des maisons en bois, des tiendas, des restaurants, etc. Nous apprendrons que presque toutes les habitations sont construites sans matériel plastique car ici c'est le village d'irréductibles qui luttent contre l'envahisseur pétrolier (ça vous rappelle quelque chose ?). Etrangement, il fait bien meilleur en bas plus que là-haut. Il semble y avoir un microclimat.

Nous apercevons Barbara, qui se dirige vers nous en courant et en criant, complètement radieuse de nous voir. Elle nous fait rapidement la présentation de ses amis, de la ville, de sa petite maison, etc. Pendant la visite, nous en profitons pour trouver rapidement une guesthouse pas chère. Juste le temps de déposer nos affaires, nous sortons tout de suite rejoindre les filles qui ont préféré loger dans un hôtel avec plus de commodités. La soirée se passe agréablement autour d'une bière locale en guise d'apéro et d'un bon repas. Elle se termine dans une boîte de nuit malheureusement peu fréquentée ce vendredi soir. Ce n'est que partie remise.

Nous nous levons tôt aujourd'hui pour aller faire un peu d'exercice. Barbara nous a prévu une descente de la rivière en bouée. Juste le temps d'avaler un petit chocolat chaud, nous montons à l'arrière du pick-up avec les grosses chambres à air de camions !!! Après une petite demi d'heure d'attente, nous longeons la rivière par la route. Au bout d'une vingtaine de minutes, nous arrivons au point de largage des bouées. Pendant que nos guides attachent les bouées les unes contre les autres, nous nous préparons. La température extérieure est fortement agréable mais celle de l'eau est plutôt glacée. JC et moi sommes les seules en maillots de bain et sans gilet. On va se les geler !!!

Ça y est, c'est parti. Nous sommes avec nos 2 guides et nos 2 amies belges. Dans l'autre embarcation, il y a 6 locaux. La course peut commencer. Nous sommes pendant toute la descente remués dans tous les sens, s'accrochant comme nous pouvons aux cordes, jouant avec les bras et avec notre poids pour diriger le radeau d'air et de plastique, entre les rochers !!! La forte activité et les rayons de soleil perçant les feuillages des arbres bordant la rivière ne nous laissent pas le temps d'avoir froid. Au bout d'une petite heure, nous arrivons à faire la corde ou plutôt la rangée de rochers, à nos concurrents. Nous finissons finalement premiers, grâce surtouts à nos 2 organisateurs ! Rien de mieux qu'une petite descente de rivière pour démarrer une bonne journée !!!

Nous retournons à l'hôtel pour nous changer car la journée ne fait que commencer. Nous partons faire une petite balade dans la jungle, avec une descente de rappel sous une chute d'eau !!!

Nous retrouvons nos guides locaux dans la rue principale. Une organisatrice et une jeune locales se joignent à nous. Nous découvrons une vallée très verte, quelques toucans et quechuas virevoltant de branche en branche, de nombreux papillons aux couleurs vives, une flore très luxuriante, la petite rivière qui coule paisiblement, le cadre idéal pour une pub pour le Chat Machine…Sur le chemin, un des guides s'amuse avec une vipère, faune très présente dans le coin.

Le groupe marche à une bonne allure. Seule Christelle a un peu de mal à suivre. Cela nous fait un peu peur car nous avons envisagé de faire le Machu Picchu ensemble lors de notre séjour au Pérou…Finalement au bout de deux heures de marche, nous arrivons à la cascade d'eau. Nos organisateurs mettent en place le matériel pour la descente en rappel. Ils estiment la hauteur à 20 mètres. Ce n'est pas très haut mais avec la chute d'eau, il y a moyen de se marrer.
Le premier guide descend tranquillement, c'est lui qui va assurer la sécurité en bas. La deuxième guide reste en haut de la falaise pour superviser tout ça. C'est JC qui commence. Il descend avec précaution puis ensuite longe la chute d'eau. Mais il arrive a ne pas trop se mouiller. C'est au tour de Barbara qui de la même manière arrive en bas, un peu plus mouillée. Christelle préfère regarder le spectacle. Je me lance donc. Et voyant que même en descendant à côté du filet d'eau, on est bien mouillé autant se jeter sous la chute d'eau. Et là c'est la grosse douche !!!

En attendant notre organisatrice, nous nous amusons à rester sous la cascade mais pas trop longtemps non plus car en bas, nous sommes à l'ombre. Il fait bien plus frais. Nous reprenons alors le chemin du retour, complètement mouillés mais heureux de cette journée. Malheureusement, de retour à la chambre d'hôtel, nous nous rendons compte que nous n'avons pas d'affaires de rechange : pas de pantalon, pas de chaussures, seulement un T-shirt !!! Tant pis, on passera la soirée comme ça. En caleçon dans la guesthouse, nous faisons la connaissance des autres locataires de l'hôtel : 2 Allemands, un Américain et une Sud-Africaine autour de l'apéro. Et c'est à cette occasion que nous découvrons le Cristal Lemon, du rhum blanc au goût citron.

Nous quittons nos amis du monde pour dîner avec nos amies belges. Nous nous installons dans la rue, sur le trottoir en face d'une tienda. Une dame fait cuire des brochettes de poulets au barbecue. Ben le voilà notre dîner et pour accompagner le tout pourquoi pas ce nouveau breuvage découvert tout à l'heure. Nous achetons des petites fioles et nous les partageons au fur et à mesure de la soirée avec les passants !!! La soirée continue jusqu'au bout de la nuit dans la boîte de nuit locale, remplie cette fois-ci et ensuite dans une salle des fêtes avec tous les villageois !!!

Il est 12h00. Il est temps pour nous de rentrer. Nos amies belges nous ont prévenus qu'elles partiraient faire un trek dans la jungle mais malheureusement, le prix est trop élevé pour nos bourses. Nous décidons de rentrer à Quito. On nous avait dit que l'auto-stop fonctionnait bien en Equateur. Après un petit coca pour nettoyer notre organisme légèrement atteint par les excès de la veille, nous prenons la route à pied. C'est seulement au bout de 2 kilomètres qu'un véhicule daigne s'arrêter. C'est un camion de fruits, heureusement vide. Nous grimpons à l'arrière et contemplons le paysage. Il nous laisse au croisement, là où nous avait laissé le bus à l'aller. Des personnes attendent justement le bus. Nous préférons marcher un peu plus loin pour avoir plus de chance d'être pris. Et la chance est avec nous aujourd'hui. Au bout de 2 minutes à peine de marche, un pick-up s'arrête à notre hauteur et nous emmène à Quito. Nous voilà à l'arrière du pick-up, tranquillement allongés, les yeux rivés vers le ciel, contemplant cette belle journée de dimanche, le sourire arborant nos visages d'avoir eu cette opportunité mais aussi d'avoir passé un excellent week-end.




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