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Balade en vélo à Banos, marché d'Ambato
14 au 16 juillet 2002
 

Rien de mieux qu'une petite grasse matinée en ce jour du seigneur. Il est 9h00. Nous préparons nos sacs pour une balade à vélo. Nous partons pour 80 kilomètres jusqu'à la ville de Puyo. Antoine et Martin, les 2 volontaires de l'association " Le Plan " pour qui nous réalisons un reportage, nous ont recommandé de faire ce petit trip à VTT car les paysages sont sublimes, et il y a des cascades d'eau à foison. La visite de la ville de Banos sera pour un autre jour. De nuit, on s'est aperçu de la tranquillité de ce village touristique sans prétention. Le charme vient surtout de l'environnement naturel avec les sources d'eaux chaudes, les chutes d'eau et les montagnes environnantes.

Sur la route, nous trouvons un loueur de VTT dont les prix sont à la hauteur de ce qu'on nous avait recommandé, 10 USD la journée. Ils ont l'air bien entretenu. Le gérant nous remet les vélos avec une petite pochette contenant les outils indispensables en cas de crevaison. C'est JC qui s'y colle. Ca lui donne un look de vrai pro !!! Avec JC, on se demandait depuis quand on n'avait pas fait de vélo. Et il faut croire que c'est bien la deuxième fois depuis ce tour du monde !!! Le dernière fois, c'était au Laos. Presque un an sans monter sur un vélo, on ne sait pas comment on va s'en sortir. Ben vous pouvez applaudir, on a réussi haut la main les premiers coups de pédales !

Mais avant de partir, un bon petit déjeuner s'impose : chocolat chaud, jus de fruits frais, toasts beurrés, confiture. Le plein d'énergie en somme ! Nous retrouvons nos amies belges qui ont loué également un vélo mais pour seulement 2 heures. Ensuite elles partent pour Quito. Nous nous quittons mais avec la promesse de venir voir Barbara le week-end prochain avec Christelle, à Mindo, ce petit village " résistant à l'envahisseur Pétrolier destructeur de la nature équatorienne " (vous en saurez plus dans le prochain carnet de route).

Le plein étant fait, nous partons sur la route. Le loueur de VTT nous a conseillé les endroits à visiter. Le plus beau est Rio Verde qu'on accède par une route de 20 km qui descend au milieu d'une superbe végétation et qui s'accroche à flanc de montagne. En effet, la route descend bien et les vues sont superbes. Nous nous arrêtons à peine au bout de 15 minutes pour admirer une chute d'eau. Nous en profitons pour prendre quelques photos. Nous remontons en selle. Avec la pente, nous prenons de la vitesse, nous arrivons à un premier tunnel. Sans se poser de question, nous l'empruntons. Aucun problème malgré l'obscurité, il n'était pas très long. Nous reprenons de la vitesse, un second tunnel se présente à nous. Je ralentis, JC passe devant. Juste le temps de voir un panneau de signalisation interdisant le passage aux non-automobilistes mais bon trop tard ! La lumière du jour éclaire les premiers 50 mètres, mais l'intensité diminue au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans ce tunnel qui semble cette fois-ci très long. Je suis la roue de JC mais au bout de 5 minutes, j'entends un bruit sourd d'une chute !! Et très rapidement la voix de JC " attention chute ! " En une fraction de seconde, je pile des deux freins. Je me sens partir en glissade mais heureusement une bordure me stoppe juste avant la paroi. Je vois JC se relever et remonter sur le vélo. " Ça va ??? " Je lui demande. " Je ne voyais plus rien et j'ai dérapé mais ça a l'air d'aller " me répond-il. Au même moment, une voiture passe et une seconde rentre dans le tunnel. J'en profite pour suivre la première. Guylène un peu plus loin derrière a pu s'arrêter à temps. Elle fait de même. JC suit derrière. Nous pédalons très vite afin de rester dans les roues de la voiture pour bénéficier de la lumière de ses phares. Au bout de 5 minutes, nous sortons de ce tunnel, le visage et les vêtements complètement imbibés de boue ! Nous retrouvons JC qui s'est arrêté pour évaluer les dégâts. La hanche a pris quelques éraflures mais le plus gros est ce joli trou saignant de 2 centimètres environ qui décore son coude. " Ben nous voilà à une chute partout ", me lance-t-il, se référant à ma chute à moto au Cambodge. On en rigole encore !

JC va devoir souffrir en silence car nous avons oublié la trousse à pharmacie. Il va falloir s'arrêter à une tienda pour acheter une bouteille d'eau pour désinfecter un peu cette plaie. Au bout d'une demi-heure, nous arrivons à un endroit touristique, la plus grande oroya (nacelle) d'Equateur. Des petits vendeurs sont là avec leurs bouteilles de soda et d'eau. Pourquoi ne pas essayer ? Ça coûte 1 USD aller-retour chacun. Nous attachons nos vélos à un poteau, achetons une bouteille d'eau et grimpons dans la nacelle. Nous sommes accompagnés de 2 jeunes filles dont l'accent anglais ne peut nous échapper. Le passage sur l'autre bord n'est pas très impressionnant. En plus, trop rapide, à peine une minute, nous n'avons pas vraiment eu le temps de prendre de belles images.

Pour rentabiliser ce rapide voyage, nous décidons de faire une petite balade dans le coin. Des jardins de papayers, de goyaviers, de citronniers parfument le chemin qui nous mène vers la chute d'eau. Nous empruntons un autre chemin complètement boueux. Nous arrivons à la petite cascade. Un peu plus bas, nous apercevons une corde permettant de descendre une petite falaise. Sans hésiter, nous l'utilisons pour mieux apprécier la cascade d'en bas.

Après cette petite promenade de santé, nous retournons à la nacelle pour revenir sur l'autre flanc et récupérer nos vélos, heureusement toujours là. Nous roulons une dizaine de kilomètres pour atteindre Rio Verde.

Aucun incident à déplorer. Nous arrivons dans ce charmant hameau. Nous attachons nos vélos une nouvelle fois pour faire une petite promenade vers la rivière en contrebas. La végétation est luxuriante. L'humidité est fortement présente. Quelques minutes de marche, et enfin le clou de cette balade dans la jungle, le Pailon del Diablo (le Chaudron du Diable), une énorme chute d'eau qui s'engouffre dans un trou, au-dessous de vos pieds, paraît-il. Nous n'y sommes pas allés car l'entrée est payante (1 USD). Etant donné qu'on peut mieux l'apprécier du pont juste à côté, on préfère économiser ce dollar qui pourrait être bien utile plus tard…

Nous remontons au hameau de Rio Verde. La faim se faisant sentir, nous prenons le déjeuner dans un petit restaurant bien local pour à peine 1 USD. Et pour ce prix, nous avons droit à une soupe, un plat de résistance et un jus de fruit !!! On a bien fait de le garder ce dollar.

Au bout d'une heure où nous avons pris le temps de manger et de digérer, nous repartons pour cette fois Puyo. La plupart des touristes, après avoir visité Rio Verde, retournent sur Banos, le chemin vers Puyo étant plus difficile, dit-on. Mais au prix de 10 USD la location du VTT pour la journée, nous préférons le rentabiliser. Et nous n'allons pas le regretter. Et nous voilà repartis pour 60 kilomètres. A peine lancés, la pluie commence à tomber. Elle nous poursuivra quasiment jusqu'au bout. Aux montées assez difficiles (hein la Guylène !!!) s'enchaînent des descentes de folie, avec des passages de rivières et de chemins de terre noire, avec un long arrêt à hauteur de Mera où nous avons contemplé la splendeur du bassin amazonien et sur la fin les immenses champs de thé vert.

Nous arrivons à Puyo après une course de 4 heures, complètement trempés. Heureusement, Antoine et Martin nous avaient avertis de prendre des affaires de rechange. A la gare de bus, nous nous changeons au bar où nous attend une bonne bière bien fraîche. Il est 17 heures et les bus pour Banos se font rare. Nous attendons devant le bus en partance. JC va pour acheter les billets mais on lui dit 3 USD au lieu de 2 USD. Il revient en se disant que si le bus ne se remplit pas, ils vont nous le faire à 2. Malheureusement, il y a du monde qui arrive. Je pars acheter les billets, peut être qu'avec ma tête de local, ça marchera. Pas vraiment, mais avec un petit sourire, la vendeuse nous fait les billets à 2,5 USD. C'est déjà ça de gagné.

Le trajet est un peu chaotique. En VTT, on s'amusait sur ce type de terrain mais le bus beaucoup moins, surtout avec cette pluie qui continue à tomber. Finalement, nous arrivons à Banos après 2 heures et demi de route. Il est 19 heures. Nous retournons à l'hôtel après une journée bien chargée pour une douche chaude et un repos bien méritée.

Enfin une vraie grasse matinée. Après la journée d'hier, nous avons besoin de temps pour nous remettre. Guylène est déjà levée. Elle veut profiter au maximum des quelques jours qui lui restent avant son départ vendredi matin. Elle est donc partie à la découverte de la ville.
Nous la retrouvons pour le petit déjeuner dans la rue principale où se concentrent tous les restaurants et autres magasins à vêtements.

Après une petite visite vraiment rapide de la place centrale, nous rentrons à la guesthouse. Nous avons du travail à rattraper. Comme Guylène part bientôt et comme elle repart avec la caméra vidéo, je préfère anticiper cette absence de matériel en préparant le dérushage des cassettes vidéos du Honduras et des 10 jours passés en Equateur et le montage des films. Cela va déjà me prendre cette après-midi et les suivantes. Guylène et JC partent pour le marché d'Ambato, le plus grand du pays. Ils en profiteront pour faire quelques photos et visiter un musée bien spécial. Il possède des étrangetés de la nature, comme une vache à deux têtes ou un mouton à 6 pattes…De retour, pour JC, l'après-midi sera consacrée à la sélection des photos, de leur optimisation, etc.

L'après-midi est passé très vite, Guylène nous a fait une petite surprise pour nous réconforter d'être restés enfermés toute la journée sous un soleil si radieux. Elle est allée acheter une bouteille de rhum pour l'apéro. Après cette journée bien fatigante, rien de mieux qu'un bon petit apéro !!! En un rien de temps, nous finissons la bouteille. Se sentant en pleine forme, nous partons continuer la soirée dans un des nombreux bars de la ville. Il n'y a pas grand monde dans les rues ainsi que dans les bars. En cherchant bien, nous en trouvons un avec baby-foot et billard. Nous retrouvons les 2 Allemands, rencontrés hier à la lagune du Quilotoa. Nous faisons la connaissance de 2 Hollandais et de quelques locaux sirotent leurs bières. Tous les ingrédients sont là pour se faire une petite coupe du monde de baby-foot !! Grosse ambiance jusque 3 heures du matin…

Une grosse journée de transport nous attend pour rentrer à Quito. Le temps de faire nos sacs, de prendre un petit déjeuner, nous sommes enfin prêts pour quitter cette petite ville thermale, très réputée pour ses bains dont nous n'avons même pas pris le temps de profiter !!! Ce sera pour une prochaine fois sans doute. Banos est sur la route pour aller à la frontière péruvienne.




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